Pour le ministre israélien de la Défense, personne "n'est naïf à Gaza"

08/04/18 à 15:18 - Mise à jour à 15:18

Source: Afp

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a affirmé dimanche qu'il "n'y a pas de gens naïfs" dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne a tué 30 Palestiniens en dix jours s'attirant des critiques de défenseurs des droits de l'Homme.

Pour le ministre israélien de la Défense, personne "n'est naïf à Gaza"

Avigdor Lieberman © Belga

La plupart des Palestiniens ont été tués par balles au cours de manifestations organisées à la frontière entre Gaza et Israël pour réclamer le retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant fui leurs terres à la création de l'Etat d'Israël en 1948.

"Il n'y a pas de gens naïfs dans la bande de Gaza. Tout le monde est connecté au Hamas", le mouvement islamiste qui contrôle ce territoire enclavé entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée, a affirmé le ministre sur la radio publique israélienne.

"Tout le monde reçoit un salaire du Hamas et tous les militants qui essaient de nous défier et de franchir la frontière sont des militants de la branche armée du Hamas", a accusé le ministre.

M. Lieberman a employé un mot en hébreu pouvant également signifier "innocent", comme l'AFP et d'autres médias l'ont dans un premier temps traduit. Son cabinet a ensuite précisé que le sens qu'il voulait donner au terme était "naïf".

Israël a fait face à de vives critiques des organisations de défense des droits de l'Homme, y compris israéliennes, pour son utilisation de balles réelles contre les manifestants de la "marche du retour" organisée par les Palestiniens.

Après la journée du 30 mars lors de laquelle 19 Palestiniens avaient été tués, l'Union européenne et l'ONU avaient demandé l'ouverture d'une enquête indépendante.

Vendredi, au cours d'une nouvelle journée de manifestations marquée par des heurts, neuf Palestiniens dont un journaliste ont été tués. L'Union européenne s'est de nouveau interrogée sur l'usage proportionné ou non de la violence par Israël face à ces manifestations.

Au total, en incluant deux Palestiniens tués au cours de heurts distincts, le bilan des Palestiniens tués depuis le 30 mars est de 30, selon le ministère de la Santé de Gaza. Il n'y a eu aucune victime côté israélien.

Israël affirme que ses soldats ont ouvert le feu seulement par nécessité contre des protestataires tentant de s'infiltrer sur son territoire et pour empêcher des attaques.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu accuse le Hamas d'être derrière ce mouvement de protestation.

Nos partenaires