Pour la Turquie, répondre aux critères de l'UE est une interprétation politique, et non mathématique

11/05/16 à 18:53 - Mise à jour à 18:53

Source: Belga

L'accord entre l'UE et la Turquie sur la crise migratoire traverse un "moment très dangereux", a estimé mercredi le ministre turc aux Affaires européennes, Volkan Bozkir, à l'issue d'une rencontre avec le président du Parlement européen, Martin Schulz, à Strasbourg.

Pour la Turquie, répondre aux critères de l'UE est une interprétation politique, et non mathématique

Le ministre turc aux Affaires européennes, Volkan Bozkir,et le président du Parlement européen, Martin Schulz, à Strasbourg, le 11 mai 2016 © Belga Image

Les deux hommes n'ont pas caché leur désaccord à propos du processus de libéralisation des visas pour la Turquie, dont le Parlement européen a refusé de se saisir, estimant que les 72 critères prévus par la législation de l'UE n'ont pas encore été complétés par Ankara.

Dans le cadre de l'accord UE-Turquie conclu le 18 mars en vue de mieux gérer les flux migratoires et des réfugiés, les dirigeants européens ont en effet proposé d'accélérer la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs d'ici juin 2016, à condition que tous les critères imposés par l'UE soient respectés. "La Turquie a travaillé très dur, il ne s'agit pas d'une question mathématique sur le nombre de critères, mais d'une interprétation politique", a estimé M. Bozkir, déplorant le refus du Parlement européen de traiter le dossier pour l'instant.

Le ministre a également souligné qu'un changement de la loi antiterroriste de la Turquie, l'une des exigences européennes, était "complètement impossible", insistant sur le fait que son pays devait faire face au "terrorisme du PKK".

Martin Schulz a reconnu qu'il s'agissait d'un moment particulièrement compliqué à gérer, mais s'est tout de même voulu optimiste. "Quand il y a des problèmes, il y a toujours des options pour trouver des solutions", a-t-il indiqué.

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