Pour la Turquie et le Liban, Israël est plus dangereux que l'Iran

07/04/10 à 14:06 - Mise à jour à 14:06

Source: Le Vif

Les Premiers ministres turc et libanais ont, dans des déclarations distinctes, été assez clairs sur leur hiérarchie des conflits au Proche-Orient: le dossier israélo-palestinien est bien plus explosif que le nucléaire iranien.

Pour la Turquie et le Liban, Israël est plus dangereux que l'Iran

© EPA

Israël représente actuellement la "principale menace pour la paix régionale" au Proche-Orient, a estimé mercredi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une visite à Paris, alors que les relations israélo-turques connaissent de vives tensions. "C'est Israël qui est la principale menace pour la paix régionale", a-t-il déclaré à quelques journalistes, avant un déjeuner de travail avec le président français Nicolas Sarkozy.

"Si un pays fait usage d'une force disproportionnée, en Palestine, à Gaza, utilise des bombes au phosphore, nous n'allons pas dire "bravo". Nous lui demandons comment il peut agir de la sorte", a-t-il affirmé. "Il y a eu une attaque qui a fait 1500 morts (à Gaza fin 2008 et début 2009) et les motifs invoqués sont des mensonges", a-t-il ajouté.

"Goldstone est juif et son rapport est clair", a-t-il poursuivi, en référence au rapport demandé par l'ONU au juge sud-africain Richard Goldstone, qui a accusé Israël mais aussi des groupes palestiniens d'avoir commis des crimes de guerre à Gaza. "Ce n'est pas parce que nous sommes musulmans que nous avons cette approche. Notre approche est humanitaire", a dit Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre issu du parti islamo-conservateur.

Le Liban sur la même longueur d'ondes

Le conflit israélo-palestinien est "beaucoup plus explosif" que le "programme nucléaire iranien" qui préoccupe les Occidentaux, a de son côté estimé le Premier ministre libanais Saad Hariri dans une interview au quotidien espagnol El Mundo de mercredi.

Le conflit au Proche-Orient "est beaucoup plus explosif et rempli d'uranium et d'extrêmisme que toute autre question régionale", a ajouté, sans autres précisions, M. Hariri. Il a rappelé que le Liban était en faveur d'un "Proche-orient sans armes nucléaires" , ce qui "inclut Israël" et pas seulement l'Iran.

Le Premier ministre libanais, attendu en visite officielle à Madrid jeudi et vendredi, a d'autre part estimé que le rapprochement intervenu avec Damas était important pour faire face à la "menace d'Israël", pour qui "la guerre est toujours une option". "Une relation plus forte avec la Syrie signifie une position plus dure à l'égard d'Israël", a souligné M. Harari, qui avait annoncé en mars son intention de se rendre début avril à Damas.

LeVif.be, avec Belga

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