Pour Bernie Sanders, la bataille ne fait que commencer

01/07/16 à 11:09 - Mise à jour à 11:12

Il a perdu l'investiture démocrate dans la course à la Maison-Blanche, mais son combat ne fait que commencer. Il a d'ailleurs posé bon nombre de conditions avant de rallier le camp d'Hillary Clinton et continue à jouer de son influence au sein du parti.

Pour Bernie Sanders, la bataille ne fait que commencer

© REUTERS

Après la victoire d'Hillary Clinton pour l'investiture démocrate, on aurait pu croire que Bernie Sanders allait retourner dans l'ombre de la candidate. C'est bien mal le connaître. En effet, Sanders met un point d'honneur à poursuivre son combat pour la démocratie, en négociant notamment son ralliement à Clinton, pour qui ce soutien est crucial.

Sur les primaires démocrates

Le sénateur du Vermont souhaite notamment une réforme au Parti démocrate. Il plaide par exemple pour la suppression des "super délégués". Ces derniers sont les cadres du Parti démocrate, dont le vote pour l'investiture pèse lourd dans la balance. C'est d'ailleurs le soutien massif des "super délégués" qui a permis a Hillary Clinton de finalement vaincre son rival démocrate. Il demande également à ce que les futures primaires du parti soient ouvertes aux électeurs indépendants, et plus seulement aux électeurs enregistrés comme démocrates.

Sur le programme d'Hillary Clinton

Bernie Sanders a évidemment à redire sur le programme de son ex-rivale, qu'il appelle depuis déjà longtemps à être plus à gauche. Parmi ses revendications, le sénateur plaide pour la gratuité de l'enseignement supérieur, la hausse du salaire minimum fédéral, une sécurité sociale universelle ou encore la fin de l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels, liste Le Monde.

Les enjeux qui lui tiennent à coeur

Le plus grand test de l'influence durable de Bernie Sanders sur le parti viendra dans les prochaines semaines à Orlando, quand un projet de plateforme démocratique écrit par un petit groupe d'alliés de Clinton et Sanders sera soumis au vote devant un comité de 187 membres du parti.

Dans le programme de Bernie Sanders, trois enjeux lui semblent primordiaux, selon le Time. Le sénateur souhaite en faire des points importants du programme de son parti.

1. L'accord de partenariat transpacifique : il s'agit d'un traité de libre-échange entre les régions Asie-Pacifique et l'Amérique, dont le sénateur est un féroce opposant. En effet, beaucoup de démocrates s'opposent à cet accord, car cela pourrait externaliser le travail des Américains et faire du tort au business et aux entreprises. L'opposition au traité n'était pas présente à la base dans la ligne de conduite du parti, largement à cause de l'influence de Barack Obama. C'est le plan politique sur lequel Sanders et ses collaborateurs croient qu'ils auront le plus d'influence.

2. Le salaire minimum de 15$ : le brouillon de la plateforme dit que le Parti démocrate devrait soutenir un salaire décent pour tous les travailleurs et suggère que les Américains devraient gagner au moins 15$ de l'heure. Mais Bernie Sanders n'a jusqu'à présent pas été capable de faire pression pour obtenir une clause qui soutient explicitement un salaire fédéral minimum de 15$. Clinton avait débuté la primaire en plaidant pour un salaire minimum de 12$/heure mais a suggéré à la fin de la campagne qu'elle pourrait soutenir 15$/heure si la mesure pouvait passer le Congrès.

3. L'interdiction de la fracturation hydraulique : Clinton a assuré en mars qu'elle était prête à réguler la fracturation hydraulique (fracking), qui suscite de plus en plus d'opposition dans le pays. La fracturation hydraulique consiste à fissurer la roche en injectant à très forte pression de l'eau, du sable et des produits chimiques pour y récupérer le pétrole et le gaz difficiles à extraire. Bernie Sanders trouve qu'une régulation de la pratique n'est pas suffisante et plaide pour son interdiction.

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