Plus de 70 corps de migrants dans le camion sur une autoroute d'Autriche

28/08/15 à 09:46 - Mise à jour à 17:24

Source: Belga

Les corps de 71 migrants, probablement des réfugiés syriens, ont été extraits du camion abandonné sur une autoroute d'Autriche, un nouveau drame macabre de l'immigration survenu alors qu'au moins 76 migrants partis de Libye se noyaient dans un naufrage en Méditerranée.

Plus de 70 corps de migrants dans le camion sur une autoroute d'Autriche

Plus de 70 corps de migrants ont été extraits du camion découvert abandonné sur la bande d'urgence d'une autoroute de l'est de l'Autriche. © Belga - DIETER NAGL

Ces tragédies interviennent au moment où l'Europe, de plus en plus débordée, tente de faire face à l'une de ses pires crises migratoires depuis des décennies.

Les 71 migrants dont les corps ont été retrouvés en Autriche sont "probablement" des réfugiés originaires de Syrie, a annoncé vendredi la police autrichienne.

"Parmi les 71 personnes, il y avait 59 hommes, huit femmes et quatre enfants, dont une fillette âgée d'un ou deux ans et trois garçons de 8, 9 ou 10 ans", a déclaré le porte-parole de la police, Hans Peter Doskozil, lors d'une conférence de presse.

Le comptage des cadavres a été rendu très difficile par l'état de décomposition avancée des corps, entassés les uns sur les autres.

Le bilan est très supérieur à l'estimation initiale de 20 à 50 corps faite après la macabre découverte jeudi matin, dans un poids lourd abandonné sur une bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute A4, dans l'Etat oriental du Burgenland, près de la Hongrie et de la Slovaquie.

Le porte-parole a indiqué que le moment et la raison des décès restaient à déterminer, et qu'il y avait "une certaine probabilité" pour que les réfugiés soient morts asphyxiés.

Les corps ont été transportés à Vienne pour y être autopsiés, et dix premiers cercueils sont arrivés vendredi matin dans la capitale autrichienne, selon un journaliste de l'AFP.

Les polices autrichienne et hongroise ont lancé une enquête conjointe et Budapest a annoncé avoir arrêté trois Bulgares : le propriétaire du camion, qui est d'origine libanaise, et deux chauffeurs, ainsi qu'un Afghan.

76 migrants repêchés en Méditerranée

Loin de l'Autriche, en Méditerranée, les corps d'au moins 76 migrants ont été repêchés après le naufrage jeudi d'une embarcation qui transportait environ 300 personnes au large de la ville de Zouara, en Libye, a annoncé vendredi à l'AFP un porte-parole du Croissant rouge.

Selon ce porte-parole, Mohammed al-Masrati, 198 personnes ont été secourues.

"Il y a toujours des disparus, des dizaines, mais on ne connaît pas leur nombre" exact, a-t-il ajouté.

Des équipes du Croissant-Rouge libyen étaient à la recherche de corps échoués sur la plage de Zouara, où des chaussures, des vêtements et des bouteilles en plastique rejetés par la mer étaient visibles sur le sable, selon un journaliste de l'AFP.

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a évoqué vendredi à Genève le naufrage de deux bateaux au large de Zouara, transportant un total de 500 personnes.

Dans le même temps, les garde-côtes italiens ont annoncé avoir coordonné jeudi les secours d'environ 1.400 migrants au large de la Libye, où quelque 3.000 autres au total avaient été secourus mercredi.

Par ailleurs, un bateau des garde-côtes suédois a accosté en Sicile jeudi soir avec 52 cadavres de migrants récupérés la veille après une longue dérive.

2500 morts en mer depuis janvier

"Qui va arrêter cette folie?", s'est interrogé, en une sur fond noir, le journal autrichien Kurier.

"Nous faisons face à la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale", a souligné le ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dacic.

"Nous devons agir maintenant", a dit son homologue macédonien Nikola Poposki.

"Si l'odeur nauséabonde de nos parkings devient plus forte, nous pourrons finalement comprendre, et pas seulement en Autriche (...) qu'il est temps de créer des passages sûrs vers l'Europe, un enregistrement rapide et une répartition équitable" des migrants, a estimé le responsable d'Amnesty International en Autriche, Heinz Patzelt.

La Hongrie, membre de l'UE, fait face à un afflux record à sa frontière avec la Serbie, avant l'achèvement, prévu le 31 août, de la construction d'une clôture grillagée le long des 175 km de la frontière commune.

"Nous sommes venus par la mer. Nous avons joué avec la mort. Mais je ne crois que pas nous avons atteint notre destinatination finale, car nous ne savons pas où aller", a déclaré Lashkari, un Afghan de 30 ans arrêté par la police hongroise jeudi soir, après un périple de 30 jours.

La "route des Balkans de l'Ouest" est empruntée par des réfugiés Syriens ou des Irakiens fuyant la guerre mais aussi par des Albanais, Kosovars ou Serbes en quête d'une vie meilleure.

En bus, à pied, passant sous les barbelés ou prenant d'assaut les trains, les scènes de chaos se multiplient en Europe orientale à mesure que des milliers de migrants avancent à travers le continent.

Sur les sept premiers mois de l'année 2015, le nombre de migrants aux frontières de l'UE a atteint 340.000, contre 123.500 sur la même période de 2014, selon l'agence Frontex chargée des frontières extérieures de l'espace Schengen.

En juillet, le nombre de migrants a triplé par rapport au mois précédent, atteignant le chiffre de 107.500, d'après Frontex.

En mer Méditerranée, plus de 2.300 migrants ont perdu la vie depuis le début de l'année en tentant de joindre les rives européennes, selon un bilan à la mi-août de l'Organisation internationale pour les migrations.

La Hongrie, membre de l'UE, fait face à un afflux record à sa frontière avec la Serbie, avant l'achèvement, prévu le 31 août, de la construction d'une clôture grillagée le long des 175 km de la frontière commune.

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