Pistorius : une dispute entre amants qui aurait mal tourné

17/02/13 à 09:56 - Mise à jour à 09:56

Source: Le Vif

C'est un Oscar Pistorius peut-être drogué qui aurait sauvagement abattu sa petite amie Reeva Steenkamp aux premières heures de la Saint-Valentin, s'aidant même d'une batte de cricket selon la presse sud-africaine, une version toujours démentie par la famille.

Pistorius : une dispute entre amants qui aurait mal tourné

© Reuters

L'hebdomadaire dominical City Press, généralement bien informé, a révélé qu'une batte de cricket couverte de sang avait été retrouvée chez lui, et que la tête de Reeva avait été "écrasée". "Il y avait plein de sang sur la batte, la police scientifique dira de quel sang il s'agit", a indiqué une source proche de l'enquête au journal. La police avait déjà indiqué que la top-model Reeva Steenkamp, 29 ans, avait été abattue de quatre balles de 9 mm, tôt jeudi matin.

Le scénario suggéré par les enquêteurs est selon plusieurs journaux celui d'une dispute qui a mal tourné. Oscar Pistorius, 26 ans, aurait tiré une première balle depuis sa chambre, avant que son amie ne réussisse à s'enfermer dans la salle de bain attenante, puis a tiré trois coups de plus. Il aurait en outre frappé Reeva avec la batte et/ou s'en serait servi pour défoncer la porte, selon les hypothèses des enquêteurs. Peut-être la victime a-t-elle aussi essayé de se défendre.
Selon des voisins cités par le Sunday Independent, les deux amants se disputaient depuis le début de la soirée de mercredi. Des gardiens du domaine fortifié de la banlieue de Pretoria où Pistorius habitait sont même intervenus. Pistorius aurait appelé son père vers 3h20 (2h20 belge) jeudi matin, lui demandant de venir au plus vite. Mais il n'a appelé ni la police, ni une ambulance. C'est le père d'une amie à qui Pistorius qui a appelé les secours. Quand sa famille et cette voisine sont arrivés, il descendait l'escalier portant le corps de la jeune femme dans ses bras, tremblant. Reeva Steenkamp respirait encore et il a essayé de la ranimer. Elle portait un déshabillé, et les inspecteurs ont trouvé son sac et un iPad par terre dans la chambre d'Oscar. Les draps du lit étaient défaits. Il aurait dit à sa soeur Aimée que quelque chose de terrible s'était passé et qu'il avait pris Reeva pour un cambrioleur.

Des crises de violence incontrôlées

Comme d'autres membres de sa famille qui ont plaidé sa cause, le père de l'athlète Henke Pistorius a dit au Sunday Telegraph que sa famille avait "zéro doute" que son fils avait abattu sa petite amie par erreur. "Quand vous êtes un sportif, vous agissez encore plus en suivant votre instinct", a-t-il déclaré, ajoutant que sa famille ferait "tout ce qui est possible" pour défendre Oscar qui nie toute volonté de meurtre. Mais les trois sources proches de l'enquête citées par City Press excluent cette thèse de l'homicide par erreur --rejetée par la police dès jeudi-- relevant notamment qu'il n'y avait pas eu trace d'effraction. Les enquêteurs ont un dossier "solide comme un roc" contre l'athlète, selon l'hebdomadaire. Ils ont demandé une prise de sang pour déceler une éventuelle prise de drogues et de stéroïdes.

Des crises de violence incontrôlées peuvent en effet être un effet secondaire des stéroïdes anabolisants, un phénomène connu sous le nom de "roid rage". Interrogés par l'AFP dimanche, la police et l'avocat de Pistorius se sont refusés à tout commentaire. Oscar Pistorius a été formellement inculpé de meurtre et le Parquet a indiqué lors d'une première audience vendredi qu'il voulait qu'il soit condamné pour "meurtre avec préméditation", un crime passible de la réclusion à perpétuité en Afrique du Sud.

L'athlète doit à nouveau comparaître mardi devant un tribunal de Pretoria où ses avocats demanderont sa libération sous caution, tandis que Reeva sera inhumée à Port Elizabeth. Avant de faire la Une avec ce sanglant fait divers, le coureur sud-africain était entré dans l'histoire de l'athlétisme mondial aux jeux Olympiques de Londres de 2012, en devenant le premier champion paralympique double amputé à s'aligner dans les épreuves pour valides, atteignant les demi-finales du 400 m individuel et la finale du relais 4X400 m. Alors que son courage et sa volonté faisaient l'admiration, il était aussi décrit comme un être paranoïaque et surarmé.

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