Parlement européen : les anti-euro allemands s'allient aux conservateurs britanniques

12/06/14 à 15:53 - Mise à jour à 15:53

Source: Le Vif

Le parti anti-euro allemand, Alternative für Deutschland (AFD), a rejoint le groupe eurosceptique des conservateurs britanniques (ECR) au Parlement européen.

Parlement européen : les anti-euro allemands s'allient aux conservateurs britanniques

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"Nous nous réjouissons d'être accueillis au sein du groupe ECR et remercions tous ceux qui ont participé aux très constructives et amicales discussions préparatoires", a écrit dans un communiqué Bernd Lucke, le porte-parole du parti qui a recueilli 6,5% des voix aux dernières européennes et compte 7 élus au Parlement.

"La réussite de cette intégration est aussi un succès contre tous ceux qui, au préalable, ont exercé d'intenses pressions sur les députés du groupe afin d'empêcher la reconnaissance de l'AFD pour des raisons de politique intérieure", a ajouté M. Lucke.

Depuis le scrutin du 25 mai, le parti eurosceptique allemand accuse la chancelière Angela Merkel et ses alliés de faire pression sur les conservateurs britanniques, qui dominent le groupe parlementaire ECR, pour empêcher l'AFD de le rejoindre.

Les 19 eurodéputés tories ont d'ailleurs voté contre l'adhésion d'AFD, qui n'a été acceptée que par une courte majorité de 29 voix contre 26. "Nous sommes très déçus qu'AFD ait été admis contre notre volonté. Nous notons que le vote a été serré. Nous travaillerons avec AFD au Parlement européen, mais la CDU/CSU (le parti d'Angela Merkel, ndlr) reste notre parti frère en Allemagne", a affirmé leur porte-parole, cité par le site d'information EU Observer.

Se présentant comme une coalition de centre droit favorable au marché, le groupe des conservateurs et réformistes européens (ECR) a été fondé en 2009 par le Parti conservateur britannique du Premier ministre David Cameron, le parti polonais Droit et Justice et le Parti démocrate civique tchèque (ODS).

L'adhésion des sept membres d'AFD le renforce considérablement et lui permet de rivaliser avec les libéraux pour la troisième place du Parlement, derrière les conservateurs du PPE et les socialistes. Ce groupe eurosceptique compte désormais 65 membres, tandis que les dernières projections donnent environ 70 sièges aux libéraux de Guy Verhofstadt.

Dans ce contexte, le choix des quatre élus de la N-VA, qui semblent privilégier le groupe libéral mais n'excluent pas de rejoindre ECR, pourrait faire pencher la balance.

La constitution des groupes politiques devrait être finalisée dans le courant de la semaine prochaine.

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