Paradise Papers : La concentration de la richesse est "explosive"

07/11/17 à 15:21 - Mise à jour à 15:21

Source: Belga

L'optimisation fiscale des multinationales, mise en lumière par les Paradise Papers, fait partie du système capitaliste actuel qui accentue la concentration de la richesse mondiale et génère "une situation explosive", a expliqué à l'AFP le prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus.

Paradise Papers : La concentration de la richesse est "explosive"

Muhammad Yunus. © Reuters

"Le système capitaliste qui a conduit à tous ces problèmes comporte un défaut majeur qui est la concentration de la richesse", estime l'économiste bangladais lors d'un entretien à l'occasion de la sortie de la version française de son livre "Vers une économie à trois zéros", (éditions JC Lattès).

"Plus vous en avez, plus vous en gagnez. C'est le système", explique M. Yunus. "L'évasion fiscale fait partie du problème, absolument!", s'écrie-t-il. "Le jeu consiste à faire plus d'argent", s'agace-t-il en s'en prenant directement aux plus grandes fortunes mondiales, qu'il ne cite pas. Mais il renvoie à une étude publiée en janvier par l'ONG Oxfam qui dénonçait la concentration "indécente" de la richesse entre les mains de huit personnes.

Aux yeux de M. Yunus, prix Nobel en 2006 pour son combat pour sortir des millions de familles de la pauvreté grâce au micro-crédit, les plus riches se livrent à "une compétition pour se présenter comme des hommes à succès".

"Pourquoi ne devraient-ils pas payer des impôts ? Parce qu'ils ont besoin de beaucoup d'argent. Ils ne veulent pas partager, parce que plus leur richesse est grande, plus ils peuvent la multiplier rapidement", s'agace l'économiste.

"La situation est explosive. C'est une bombe à retardement", prévient-il. "Si nous n'intervenons pas, elle explosera, parce que la société est très en colère", dit-il, citant le Brexit et de la victoire de Donald Trump aux élections américaines. "Cette colère s'exprime encore de manière politique, mais elle pourrait devenir violente. Qui sait?", prévient-il, fustigeant au passage les "politiciens qui profitent de la colère pour l'utiliser à mauvais escient".

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