Paludisme : découverte de parasites résistants

05/04/12 à 21:24 - Mise à jour à 21:24

Source: Le Vif

L'émergence en Thaïlande près de la frontière birmane d'une résistance des parasites du paludisme au traitement le plus efficace, l'artémisine, fait craindre une propagation à d'autres régions avec des conséquences catastrophiques, selon une étude américaine publiée jeudi.

Paludisme : découverte de parasites résistants

© Reuters

Une équipe du Texas Biomedical Research Institute (TBRI) a étudié, de 2001 à 2010, un groupe de 3.202 personnes souffrant du paludisme, traité dans des cliniques situées dans le nord-ouest de la Thaïlande, à 800 km d'une zone au Cambodge où des cas de résistance à l'artémisine avaient déjà été observés.

Ces chercheurs, dont les travaux paraissent dans la revue médicale britannique The Lancet, ont constaté un fort déclin de l'efficacité de cet anti-paludéen durant cette période.

De plus, en mesurant l'efficacité de ce médicament chez les malades infectés par des parasites du paludisme identiques génétiquement, ces scientifiques ont pu montrer que la résistance provenait de la propagation de gènes mutants.

"La dissémination des parasites résistants à l'artémisine en Asie du sud-est et le risque de propagation en Afrique sub-saharienne, où la plupart des décès se produisent, seraient un désastre en termes de santé publique et provoqueraient des millions de morts", met en garde Standwell Nkhoma, chercheur du TBRI et principal auteur de l'étude.

La résistance aux autres anti-paludéens comme la chloroquine et le fansidar s'est répandue dans le passé de l'Asie du sud-est à l'Afrique, créant un précédent préoccupant. "Avec la propagation des parasites résistants à l'artémisinine on risque de se retrouver sans autres traitements contre le paludisme", craint le chercheur.

Une seconde étude menée par ce même groupe de chercheurs publiée simultanément jeudi dans la revue américaine Science offre toutefois un espoir.

Les scientifiques ont en effet identifié une zone clé dans le génome des parasites du paludisme où siège la résistance à l'artémisinine.

Cette découverte pourrait bientôt permettre de créer des marqueurs moléculaires efficaces pour surveiller la propagation des parasites résistants.

Le paludisme a fait 655.000 morts en 2010, selon l'Organisation Mondiale de la Santé.

Avec Belga

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