Pakistan: trois villes et 400.000 habitants sous la menace

26/08/10 à 11:51 - Mise à jour à 11:51

Source: Le Vif

Les autorités ont demandé jeudi à 400.000 habitants de la vallée de l'Indus d'évacuer trois villes menacées par les crues dans le sud du Pakistan, un mois après le début des inondations dévastatrices qui laissent pour l'heure au moins 5 millions de sans-abri.

Pakistan: trois villes et 400.000 habitants sous la menace

© Reuters

Les eaux ont commencé à refluer dans le nord et le centre du pays, les plus affectés au début de la catastrophe, mais les pluies torrentielles de la mousson qui persistent dans le sud ont gonflé récemment l'Indus jusqu'à des niveaux critiques près de son embouchure, forçant ces derniers jours des millions de personnes à fuir de nouvelles inondations dans la province méridionale du Sind.

"Nous avons demandé aux habitants de Sujawal, Mirpur Bathoro et Daro de quitter ces trois villes pour des zones sûres en raison de possibles inondations", a déclaré par téléphone à l'AFP Hadi Bakhsh Kalhoro, un responsable administratif du district de Thatta, à une centaine de kilomètres au nord des côtes de la mer d'Oman. Ces quatre villes ont une population totale estimée à 400.000 âmes, selon lui.

A qui profite le drame pakistanais? Islamistes et militaires sont, pour l'heure, les principaux bénéficiaires de la catastrophe humanitaire.

Malgré l'ampleur de la catastrophe - 20 millions de personnes touchées, des milliards de dollars de pertes attendues - la communauté internationale peine à se mobiliser pour aider le Pakistan. La lassitude des donateurs et le déficit d'image dont souffre le "pays des purs" expliquent sans doute que l'ONU n'ait récolté que la moitié des 470 millions de dollars demandés au titre de l'aide d'urgence. Une situation qui inquiète Washington.

La lenteur des secours, l'incurie du gouvernement et le naufrage économique qui se profile risquent en effet de renforcer les islamistes. D'autant que les régions dévastées par les inondations sont parmi les plus pauvres du pays et que ces mouvements y sont de longue date solidement implantés.

"A moins qu'une aide massive soit acheminée immédiatement, de vastes zones actuellement coupées du monde retomberont aux mains des taliban pakistanais et d'autres groupes extrémistes", écrit l'analyste pakistanais Ahmed Rashid dans le quotidien londonien The Daily Telegraph.

Dès les premiers jours, des associations de bienfaisance islamistes ont ouvert leurs propres camps pour secourir les sinistrés. A commencer par le Falah-e-Insaniyat, branche caritative du Lashkar-e-Taiba, une organisation soupçonnée, entre autres, d'être impliquée dans les attentats de Bombay, la capitale économique de l'Inde, en 2008.

60 000 soldats mobilisés Autre force très présente sur le terrain: l'armée. Plus que jamais, elle apparaît comme la seule puissance publique sur laquelle la population peut compter. De quoi améliorer son image, ternie par les années de dictature, d'autant que ses activités de secours sont relayées par toutes les chaînes de télévision pakistanaises. Mais les 60 000 soldats mobilisés pour aider les victimes des inondations ne combattent plus les talibans...

Le Vif.be, avec Belga et L'Express.fr

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