Ouverture à Montreux de la conférence de paix sur la Syrie

22/01/14 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

Source: Le Vif

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a ouvert mercredi matin la conférence de paix sur la Syrie à Montreux, en Suisse, où des représentants du régime syrien et de l'opposition en exil sont réunis pour la première fois.

Ouverture à Montreux de la conférence de paix sur la Syrie

© Image Globe

La délégation de l'opposition syrienne, arrivée en retard, n'était pas présente quand Ban Ki-moon a ouvert la séance.

"Lavrov et Kerry ont travaillé dur avec moi, ainsi que plusieurs autres partenaires pour nous amener à ce jour", a déclaré M. Ban, ouvrant la séance devant une quarantaine de pays et organisations. Le secrétaire général des Nations unies a rappelé "le chemin extrêmement difficile pour arriver" à cette rencontre. "Vous les délégués du gouvernement syrien et de l'opposition voici une occasion énorme", a dit M. Ban à l'attention des représentants syriens.
Le discours de Ban Ki-moon est suivi par celui du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et celui du secrétaire d'Etat américain John Kerry.

La délégation du président Bachar al-Assad et celle de la Coalition syrienne, mené par Ahmad Jarba, doivent également s'exprimer, avant le reste des quelque 40 pays et organisations invités à Montreux.
Pour les participants, il s'agit de trouver des solutions avec un objectif clair: enrayer le cycle infernal des violences en Syrie où la guerre civile, entre bombardements, combats et atrocités a fait plus de 130.000 morts et poussé des millions de Syriens à quitter leur maison, leur pays.

Les Syriens doivent saisir cette "grande opportunité"

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a appelé le régime syrien et l'opposition en exil à saisir la "grande opportunité" offerte par la conférence de Genève II qui s'est ouverte mercredi à Montreux, sur les bords du Lac Léman.

"Après presque trois pénibles années de conflit et de souffrances en Syrie, aujourd'hui est un jour d'espoir", a déclaré M. Ban dans son discours devant une quarantaine de pays et d'organisations, dont les délégations du régime de Bachar al-Assad et de la Coalition syrienne.
Les Etats-Unis et la Russie "ont beaucoup travaillé avec moi et de nombreux autres partenaires pour nous retrouver ensemble ce jour", a ajouté M. Ban, en remerciant les participants de la conférence d'avoir "accepté mon invitation".

"Nous sommes confrontés à des défis extraordinaires", a-t-il ajouté. S'adressant plus particulièrement aux participants syriens, il a poursuivi à leur encontre qu'ils pouvaient prendre "un nouveau départ".

"Cette conférence est l'opportunité de montrer votre unité", a-t-il poursuivi. "Tous les Syriens ont les regards tournés vers vous aujourd'hui", "vous les représentants de l'opposition et du gouvernement syrien vous avez une énorme opportunité" et une "responsabilité envers le peuple syrien".

Les puissances internationales doivent faire "tout ce qui est en leur pouvoir pour atteindre ces buts", a-t-il encore indiqué. "Combien de personnes vont encore mourir en Syrie, si nous manquons cette opportunité", a-t-il encore demandé.

Mouallem accuse l'opposition syrienne d'être des "traîtres"

Le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a qualifié mercredi les représentants de l'opposition syrienne assis en face de lui de "traîtres" et d'"agents à la solde des ennemis" de la Syrie
"Ils prétendent représenter le peuple syrien", a d'abord déclaré M. Mouallem. "Si vous voulez parlez au nom des Syriens, vous ne devriez pas être des traîtres au peuple syrien, des agents à la solde des ennemis du peuple syrien", a-t-il ajouté à l'adresse de la délégation de l'opposition réunis en face de lui à Montreux.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a estimé mercredi que les négociations entre le régime syrien et l'opposition en exil ne seront "ni simples ni rapides", mais qu'une "responsabilité historique" reposait sur leurs épaules. "Notre objectif commun est de réussir à mettre fin au conflit tragique en Syrie", a également déclaré M. Lavrov. Le ministre russe a aussi dénoncé les "extrémistes venus du monde entier, et qui sèment le chaos en Syrie, et mettent à néant les fondations culturelles et démocratiques du pays, formées durant des centaines d'années". "La conférence nous donne une véritable chance, même si elle n'est pas à 100% de conclure la paix", a-t-il encore indiqué.

S'exprimant en marge de l'événement, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a estimé qu'il ne faut pas s'attendre à un "miracle" à cette conférence.

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