Otan : la Belgique pour le désarmement nucléaire en Europe, mais avec réalisme

21/05/12 à 07:10 - Mise à jour à 07:10

Source: Le Vif

La Belgique défend l'idée d'un désarmement nucléaire au niveau mondial, mais en tenant compte de la situation "incertaine" qui prévaut, a affirmé dimanche le Premier ministre Elio Di Rupo, alors que l'Otan s'apprête à entériner une révision de sa posture de défense et de dissuasion lors du sommet qui se tient durant deux jours à Chicago (nord-est des Etats-Unis).

Otan : la Belgique pour le désarmement nucléaire en Europe, mais avec réalisme

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"Nous sommes un pays qui continue à défendre la dénucléarisation, et en particulier en Europe", a-t-il déclaré à la presse belge avant l'ouverture de ce sommet.

"Mais nous devons rester des partenaires sérieux et tenir compte d'une réalité, avec une situation incertaine dans le monde multipolaire", a expliqué M. Di Rupo, confirmant une constante dans la politique étrangère belge qui refuse un désarmement nucléaire unilatéral.

Il faut "faire en sorte de réduire la capacité (nucléaire) sur l'ensemble du globe", a ajouté le Premier ministre, sans faire la moindre allusion à la présence présumée d'armes nucléaires américaines sur le sol belge.

L'Otan doit adopter à Chicago une révision de sa posture de défense et de dissuasion, la "Defence and Deterrence Posture Review" (DDPR) commandée par les dirigeants alliés lors de leur dernier sommet, à Lisbonne en novembre 2010.

Mais ce document, dont seule une version "déclassifiée" pourrait être rendue publique, ne devrait pas modifier fondamentalement la politique de dissuasion nucléaire de l'Otan, actuellement "articulée autour d'une combinaison appropriée de capacités nucléaires et conventionnelles", bien que les conditions de l'emploi de l'arme nucléaire "so[ie]nt extrêmement improbables".

Le concept stratégique adopté à Lisbonne souligne aussi que "tant qu'il y aura des armes nucléaires dans le monde, l'Otan restera une alliance nucléaire".

L'Otan semble toutefois prête à envisager des "garanties de sécurité négatives" stipulant - comme l'ont déjà fait les trois puissances atomiques qu'elle compte (les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne) - qu'elle n'utilisera pas d'armes nucléaires contre les États non dotés de l'arme nucléaire parties au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

En février 2010, les ministres des Affaires étrangères de cinq des 28 pays alliés - l'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la Norvège et les Pays-Bas - avaient écrit au secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, pour réclamer un "grand débat" sur la politique nucléaire de l'Alliance et le retrait des quelque 150 à 240 bombes atomiques américaines entreposées dans cinq pays alliés (Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Turquie). Une dizaine de ces engins, des bombes aéroportées de type B-61, seraient ainsi stockés sur la base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg).

"Nous plaidons pour une réduction de l'armement nucléaire et conventionnel au niveau le plus bas possible", a renchéri dimanche l'actuel chef de la diplomatie belge, Didier Reynders.

Le Vif.be, avec Belga

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