Otan : l'adhésion du Monténégro et de la Géorgie ne se décidera que fin 2015

25/06/14 à 09:18 - Mise à jour à 09:18

Source: Le Vif

Les ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l'Otan ont convenu mardi soir de n'examiner que fin 2015 les candidatures du Monténégro et de la Géorgie à l'Alliance atlantique, a indiqué le chef de la diplomatie belge Didier Reynders.

Otan : l'adhésion du Monténégro et de la Géorgie ne se décidera que fin 2015

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Podgorica et Tbilissi n'obtiendront donc pas d'invitation à adhérer lors du sommet atlantique qui se tiendra les 4 et 5 septembre à Newport (Pays de Galles), comme elles l'espéraient secrètement. Ce sommet devra se concentrer sur les autres thèmes et notamment la situation en Ukraine, a précisé M. Reynders à l'agence BELGA à l'issue d'un dîner de travail des ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l'Otan qui ouvrait une réunion de deux jours à Bruxelles. Cette réunion, la dernière avant le sommet, doit être dominée par la crise ukrainienne et le désengagement de l'Alliance d'Afghanistan. Selon M. Reynders, l'Otan devrait toutefois proposer à la Géorgie un "paquet assez large" en matière de coopération militaire, avec l'objectif d'un réexamen de sa candidature fin 2015.

La Géorgie, candidate de longue date à l'Otan, a été le théâtre d'une courte guerre avec la Russie en 2008 à l'issue de laquelle elle a perdu le contrôle de deux de ses régions, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, passées aux mains de séparatistes prorusses. Tbilissi est par contre le principal contributeur non-membre de l'Otan à la force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), dirigée par l'Otan, en Afghanistan et fournit 140 des quelque 800 hommes de la force de l'Union européenne en Centrafrique (Eufor-RCA). Le Monténégro, qui a réalisé des progrès en vue d'une adhésion, devrait pour sa part se voir offrir des discussions "intenses" et "ciblées" en vue de réaliser cet objectif, a poursuivi M. Reynders.
Deux autres pays, la Macédoine et la Bosnie-Herzégovine, sont candidats à l'Otan. Mais la Macédoine doit d'abord résoudre son différend persistant avec la Grèce à propos de son nom - une province grecque porte le même nom de Macédoine et Athènes considère qu'il appartient exclusivement à son héritage historique - alors que la fragile Bosnie est encore considérée comme inapte à rejoindre l'Alliance. Les ministres des Affaires étrangères des 28 doivent rencontrer mercredi matin leur nouvel homologue ukrainien Pavlo Klimkine. L'après-midi sera consacré à une réunion avec les Etats non membres de l'Otan participant à l'Isaf, dont le retrait d'Afghanistan doit se terminer en fin d'année et dont on a appris mardi que le général John Campbell avait été nommé en tant que nouveau chef, succédant de la sorte au général Joe Dunford.

L'Otan devrait maintenir son refus d'accorder un soutien militaire direct à Kiev, tout en examinant la mise en place d'un fonds d'affectation spécial ("trust funds") afin d'aider au renforcement des capacités de défense ukrainienne dans les domaines de la logistique, de la communication et de la cyberdéfense.
Les ministres devraient aussi examiner un paquet de mesures dans le domaine de la défense destinées à rassurer les nouveaux membres est-européens de l'Otan face au renouveau de l'expansionnisme russe après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars sous l'appellation de "Readiness Action Plan". Ils vont aussi faire le point sur le retrait des troupes alliées d'Afghanistan qui doit se terminer fin décembre et examiner le plan opérationnel d'une mission de suivi. Celle-ci, baptisée "Resolute Support", comptera en principe quelque 12.000 hommes chargés d'entraîner, conseiller et assister les forces de sécurité afghanes pour une durée maximum de deux ans - récemment fixée par le président Barack Obama.

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