On en sait plus sur la jeune Française qui s'est suicidée en direct sur l'appli Periscope

11/05/16 à 14:52 - Mise à jour à 22:02

Source: Belga

Une Française de 19 ans s'est suicidée mardi en France en se filmant en direct sur Periscope, une application de diffusion instantanée de vidéos au succès fulgurant, mais dont les images sans filtres ont déjà provoqué plusieurs polémiques.

On en sait plus sur la jeune Française qui s'est suicidée en direct sur l'appli Periscope

© Periscope

La jeune femme s'est donné la mort en se jetant sous un train, selon le parquet. Un utilisateur de Periscope, qui visionnait sa vidéo en direct, a prévenu les gendarmes, qui n'ont pu empêcher le suicide survenu à Egly, dans la banlieue sud de Paris.

Quelques heures avant son passage à l'acte, la jeune femme, "au profil psychologique fragile selon ses proches", a envoyé un SMS à un ami de son ex-compagnon dans lequel elle évoque "des violences et un viol" que celui-ci lui aurait fait subir, a révélé mercredi le procureur Eric Lallement. "L'audition de cette personne est en cours", a-t-il précisé, ajoutant que l'enquête serait "réorientée" si les faits de violences et viol étaient avérés.

Enregistrées peu après l'heure du déjeuner, les cinq vidéos - dont deux tests - de la jeune femme, d'une durée cumulée d'environ deux heures, ont depuis été supprimées du flux de Periscope. "Ce qui va se passer risque d'être très très choquant. S'il y a des gens qui sont mineurs, ne restez pas", avertit-elle dans une séquence, tout en assurant: "non mais je ne vais pas me suicider, arrêtez-vous!"

Ces vidéos "sont en cours d'exploitation", a expliqué Eric Lallement, à l'exception de la dernière, juste avant le passage à l'acte, qui sera remise aux enquêteurs "dans les prochaines heures".

Un extrait où la jeune femme se filme avant son suicide, republié par des internautes, était encore toutefois visible mercredi sur YouTube. Assise, elle se confie à la caméra et dit que sa vidéo "n'est pas faite pour faire le buzz" mais "pour faire réagir les gens, ouvrir les esprits".

Puis, l'écran devient noir pendant un long moment et l'on perçoit, difficilement audibles, les voix de secours venus récupérer le corps. La séquence s'achève avec des images d'un secouriste qui semble saisir le téléphone.

"Nous ne faisons pas de commentaires sur les comptes individuels", a réagi un porte-parole pour l'Europe de Twitter, qui a acheté Periscope en 2015, précisant simplement que "le contenu a été signalé et retiré".

Periscope et célébrités

Cette application permet de diffuser gratuitement avec un smartphone un flux vidéo en direct, relayé par Twitter et visible par tous. La vidéo reste accessible pendant 24 heures, puis disparaît.

Ni les images ni les commentaires en direct ne sont contrôlés au préalable par Twitter qui, comme les autres réseaux sociaux, fonctionne sur le système du signalement a posteriori par les internautes de contenus jugés illégaux ou choquants.

Ses équipes vérifient alors ces contenus, en fonction de la loi du pays et de ses propres critères qui bannissent les images violentes ou sexuellement explicites. Elles décident alors soit de mettre un avertissement, soit de les retirer. Sur Twitter, un formulaire permet aussi de signaler des menaces de suicide ou d'automutilation. Le réseau peut alors contacter l'utilisateur.

Periscope revendique plus de 10 millions d'utilisateurs dans le monde, qui ont tourné plus de 200 millions de vidéos. De nombreuses célébrités comme le chanteur canadien Justin Bieber et le rappeur français Jul recourent à l'application pour communiquer avec leurs fans.

En France, c'est notamment via Periscope que de récentes insultes adressées par le joueur du club de football PSG Serge Aurier à son entraîneur Laurent Blanc ont été rendues publiques en février. Cette affaire avait largement contribué à faire connaître cette application en France, devenu l'un des pays les plus utilisateurs.

Celle-ci est aussi utilisée par des journalistes et des manifestants pendant des rassemblements comme ceux du mouvement "Nuit Debout" à Paris ou les actions de protestation contre le projet de réforme de la loi sur le travail.

Un étudiant suédois s'était déjà suicidé en direct sur internet en octobre 2010. Après avoir annoncé sa pendaison sur internet Flashback, il s'était tué devant les internautes. "Pour moi Flashback est complice du suicide de Marcus", avait déclaré sa soeur en 2015 au quotidien Aftonbladet.

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