Oléoduc Keystone XL : le premier veto d'Obama

24/02/15 à 22:36 - Mise à jour à 22:36

Source: Belga

Le président américain Barack Obama a opposé mardi son veto à la loi, votée par le Congrès à majorité républicaine, autorisant la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis.

Oléoduc Keystone XL : le premier veto d'Obama

© Reuters

En usant de son véto, M. Obama veut conserver son pouvoir de décision sur ce projet controversé, en particulier pour des raisons environnementales, sur lequel il ne s'est pas encore prononcé sur le fond. Les associations environnementales et nombre de démocrates jugent que ce projet va à l'encontre de la lutte contre le changement climatique et mettent en garde contre les risques de fuite posés par l'oléoduc. Les républicains, appuyés par le gouvernement canadien conservateur de Stephen Harper, vantent le potentiel de création d'emplois du chantier, le renforcement de l'indépendance énergétique nord-américaine et la sécurité du transport par oléoduc plutôt que par voie ferroviaire. Dans une tribune publiée dans le quotidien USA Today, les leaders républicains de la Chambre des représentants et du Sénat, John Boehner et Mitch McConnell, ont dénoncé par avance une décision "purement politique" du veto qui n'a rien à voir avec la valeur intrinsèque du projet. Il s'agit du premier veto de M. Obama depuis que les républicains ont pris le contrôle total du Congrès en janvier et de son troisième seulement depuis son arrivée à la Maison Blanche en 2009.

Dans sa lettre au Sénat expliquant sa démarche, le président américain souligne que le Congrès a tenté, par cette loi, de "contourner" un processus de décision établi de longue date. Les républicains ont la possibilité de demander un nouveau vote, mais il leur faudrait une majorité de deux tiers, ce qui impliquerait le soutien de nombreux démocrates, une hypothèse improbable. L'opérateur TransCanada a déposé, en 2008 puis en 2012, une demande de construction de Keystone XL pour transporter du pétrole brut extrait des sables bitumineux de l'Alberta (ouest du Canada), jusqu'au Nebraska (centre des Etats-Unis), d'où il pourrait rejoindre les raffineries du golfe du Mexique via un réseau existant d'oléoducs. L'oléoduc servirait en fait de raccourci à l'oléoduc Keystone et permettra d'augmenter de 40% la capacité de transport. La Maison Blanche n'a donné aucun calendrier pour sa décision sur le fond, indiquant simplement qu'elle attendrait l'évaluation menée par le département d'Etat avant de se prononcer.

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