Obama en colère, après l'échec de la réforme sur les armes au Sénat

18/04/13 à 07:38 - Mise à jour à 07:38

Source: Le Vif

La réforme sur les armes promue par le président Barack Obama a subi mercredi un échec sévère, après que le Sénat a rejeté l'une des mesures principales du projet. En colère, Barack Obama a réagi peu de temps après, en dénonçant l'attitude d'une minorité de sénateurs qui a bloqué le texte.

Obama en colère, après l'échec de la réforme sur les armes au Sénat

© AFP

Pour Barack Obama, il s'agit d'un échec cinglant. Mercredi après-midi, le Sénat a rejeté l'une des mesures principales d'un texte de réforme des lois sur les armes, cher au président américain.
Quatre élus du parti démocrate du président ont fait défection et rejoint les républicains pour voter contre un amendement qui aurait imposé des vérifications d'antécédents judiciaires et psychiatriques avant les achats d'armes sur internet et dans les foires spécialisées.

"Honte à vous!" a crié depuis la galerie du public Patricia Maisch, qui avait survécu à la fusillade de Tuscon, dans l'Arizona, en janvier 2011, et assistait au vote avec des proches de victimes de Newtown. Le rejet du texte - lui-même édulcoré par rapport aux premières versions - marque une défaite politique cinglante pour le chef d'état américain, qui a investi un capital politique considérable sur ce thème.

"Seulement le premier round" lance Obama en colère

Barack Obama a immédiatement convoqué la presse pour une longue intervention à la Maison Blanche, ostensiblement en colère. "C'est un jour de honte pour Washington", a-t-il déclaré, en pointant du doigt une "minorité" de blocage. "Au lieu de soutenir ce compromis, le lobby des armes et ses alliés ont volontairement menti à propos de cette loi", a-t-il accusé, en enjoignant les Américains à se mobiliser aux prochaines élections. "Pour moi, c'est seulement le premier round".

Depuis janvier, le président américain a consacré trois déplacements et deux interventions formelles à la Maison-Blanche aux armes à feu, souvent aux côtés de parents d'écoliers abattus à bout portant par Adam Lanza, le 14 décembre, dans deux salles de classe de l'école Sandy Hook à Newtown. Une heure avant le vote, anticipant la défaite, le vice-président Joe Biden avait promis que "si nous n'y parven(ions) pas aujourd'hui, nous y parviendrons en fin de compte". Il a exceptionnellement présidé la séance.

Des démocrates d'états ruraux, hostiles à la réforme

Les démocrates qui ont voté contre, mercredi, représentent des États ruraux comme l'Arkansas et le Dakota du Nord, où de nombreuses familles possèdent des armes pour l'autodéfense, la chasse, le tir sportif ou comme simples collectionneurs.
Les sénateurs devaient encore voter mercredi et dans les prochains jours sur des amendements traitant, entre autres, des armes d'assaut, des chargeurs de grande capacité et du trafic d'armes.

Le texte sur les armes d'assaut, qui interdirait la fabrication, la vente et l'importation de centaines de modèles d'armes semi-automatiques, du type de celle utilisée par Adam Lanza, est quasi assuré d'une défaite. Des mesures plus consensuelles sur l'offre de soins psychiatriques pourraient être adoptées. Mais le coeur de la réforme, visant à empêcher délinquants et déséquilibrés de se procurer des armes d'occasion sur les marchés secondaires, a bel et bien été abattu en plein vol mercredi.

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