Obama déterminé à travailler de manière constructive avec les républicains

05/11/14 à 21:57 - Mise à jour à 22:02

Source: Belga

Le président américain Barack Obama s'est dit déterminé mercredi à coopérer avec ses adversaires républicains, qui ont pris la veille le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat.

Obama déterminé à travailler de manière constructive avec les républicains

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"J'ai hâte de travailler avec le nouveau Congrès pour que les deux prochaines années soient aussi constructives que possible", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, après avoir reconnu que les républicains avaient passé "une bonne soirée" la veille.

"Le message retentissant de cette élection et des dernières élections, est que nous devons agir", a-t-il dit. "Les affiliations partisanes ne sont pas importantes". Le président américain a annoncé qu'il demanderait formellement au Congrès de débattre d'une autorisation de recours à la force contre le groupe Etat islamique, une initiative réclamée cet automne par les élus des deux partis.

Une résolution parlementaire permettrait de préciser les contours exacts de l'opération militaire contre les jihadistes en Syrie et en Irak. "Le monde doit savoir que les Etats-Unis sont unis dans cet effort, et les hommes et femmes de notre armée méritent notre soutien clair et uni", a déclaré Barack Obama, qui a admis qu'il était "trop tôt" pour savoir si les Etats-Unis étaient en train de l'emporter face aux djihadistes.

Le démocrate, tout en reconnaissant que ses priorités n'avaient guère de chances d'être adoptées par le nouveau Congrès, a affirmé que les deux partis pourraient trouver un terrain d'entente dans deux domaines: les infrastructures et le soutien aux exportations américaines, une allusion aux deux traités de libre-échange en négociation avec l'Union européenne et 11 pays asiatiques. "La chose la plus importante que je puisse faire est de concrétiser des choses et aider le Congrès à agir", a dit Barack Obama.

Le président a également appelé une nouvelle fois le Congrès à adopter une réforme du système d'immigration, sur le modèle de la loi adoptée par le Sénat l'an dernier, mais que les républicains de la Chambre avaient enterrée. Il a réitéré sa détermination à agir par décrets d'ici la fin de l'année dans ce domaine. "Nous allons prendre toutes les mesures légales possibles qui permettront, selon moi, d'améliorer le fonctionnement de notre système d'immigration, de renforcer les ressources disponibles pour les frontières où l'inquiétude des Américains se concentre", a-t-il expliqué, sans fournir de détails. "Je ne vais pas me contenter d'attendre", a-t-il ajouté.

Quelques minutes plus tôt, le chef des républicains du Sénat, Mitch McConnell, avait qualifié de "chiffon rouge" d'éventuels décrets unilatéraux sur l'immigration, qui incluraient vraisemblablement la régularisation d'une partie des 11 millions de sans-papiers installés aux Etats-Unis. Barack Obama a enfin commenté les négociations entre les puissances du P5+1 et Téhéran sur le programme nucléaire iranien. "Ils ont respecté les règles intérimaires", a-t-il souligné. "Nous verrons dans les trois ou quatre semaines si nous pouvons effectivement conclure un accord", mais, a-t-il réitéré, "je préfère n'avoir aucun accord plutôt qu'un mauvais accord".

Le chef républicain du Sénat met en garde Obama sur l'immigration

Le chef des républicains du Sénat américain et vainqueur des élections de mi-mandat, Mitch McConnell, a dissuadé mercredi Barack Obama de toute action unilatérale sur l'immigration clandestine, tout en soulignant les domaines de coopération possible. "Ce serait une grave erreur pour le président de faire des chose unilatéralement sur l'immigration", a déclaré le sénateur Mitch McConnell lors d'une conférence de presse à Louisville, dans le Kentucky. "Ce serait un chiffon rouge de nous dire: puisque vous ne voulez pas faire ce que je veux, je vais le faire tout seul".

Barack Obama avait annoncé cet été qu'il agirait par décret pour compenser le blocage de la réforme du système d'immigration au Congrès, une initiative qui pourrait inclure des régularisations massives mais a été repoussée à après les élections. Mais Mitch McConnell a énuméré les chantiers législatifs les plus propices à la coopération entre le Congrès, désormais complètement contrôlé par les républicains, et la Maison Blanche: une réforme fiscale et la ratification de traités de libre-échange, dont deux sont en négociations avec l'Union européenne (T-TIP) et 11 pays asiatiques (TTP).

Les deux hommes en ont parlé au téléphone mercredi, a expliqué Mitch McConnell. Mitch McConnell a également évoqué les chantiers législatifs républicains, moins consensuels, comme des mesures pour augmenter la production pétrolière, l'indépendance énergétique, et la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et le Golfe du Mexique. La remise en cause de plusieurs aspects de la réforme du système de santé, "Obamacare" ainsi que de réglementations bancaires de la réforme dite Dodd-Frank sera également au menu, même si le républicain a reconnu qu'il n'y avait pas de garantie que Barack Obama promulguerait toutes les lois adoptées par le Congrès. Lors d'une conférence de presse organisée un peu après, M. Obama s'est dit déterminé à travailler de manière constructive avec ses adversaires républicains.

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