Nouvelle purge en Turquie: 10.000 fonctionnaires limogés

30/10/16 à 09:50 - Mise à jour à 09:52

Source: Afp

Les autorités turques ont limogé plus de 10.000 fonctionnaires supplémentaires dans le cadre des enquêtes ouvertes après la tentative de coup d'Etat en juillet, selon deux décrets, qui annoncent par ailleurs la fermeture d'une quinzaine de médias.

Nouvelle purge en Turquie: 10.000 fonctionnaires limogés

Recep Tayyip Erdogan, président turc. © AFP

Au total, 10.131 employés de l'Etat, notamment des ministères de l'Education, de la Justice et de la Santé, ont été limogés, selon ces décrets publiés samedi soir au Journal officiel, alors que de nombreux fonctionnaires ont déjà été touchés par des purges depuis le coup de force du 15 juillet.

Ces décrets annoncent par ailleurs la fermeture de 15 médias, prokurdes pour la plupart, et la suppression des élections de recteurs dans les universités, qui seront désormais choisis par le président Recep Tayyip Erdogan parmi des candidats sélectionnés par le Conseil de l'enseignement supérieur (YÖK).

Ces mesures sont prises dans le cadre de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsch de juillet. Les autorités turques accusent Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis, d'avoir ourdi le coup d'Etat raté, ce que l'intéressé dément.

Depuis le putsch manqué, plus de 35.000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plusieurs dizaines de milliers de professeurs, policiers et magistrats, notamment, ont été limogés ou suspendus.

D'une ampleur inédite en Turquie, ces purges suscitent l'inquiétude des partenaires occidentaux de la Turquie et d'organisations de défense des droits de l'Homme qui redoutent que l'état d'urgence en vigueur ne serve de prétexte pour réprimer toute voix dissidente.

Les autorités turques affirment pour leur part que ces mesures d'exception sont nécessaires pour éliminer la menace séditieuse et rappellent que 241 personnes ont été tuées pendant la tentative de putsch.

Le président Erdogan a affirmé samedi que le rétablissement de la peine de mort, évoqué depuis le putsch manqué, serait soumis au Parlement par le gouvernement. Le chef de l'Etat n'a pas donné de calendrier à ce sujet.

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