Nouveaux heurts à Tripoli, le gouvernement inquiet

17/11/13 à 09:21 - Mise à jour à 09:21

Source: Le Vif

De nouveaux affrontements ont eu lieu samedi en banlieue est de Tripoli, où des hommes armés sont parvenus à empêcher des miliciens de venir venger leurs camarades au lendemain de combats ayant fait plus de 40 morts.

Nouveaux heurts à Tripoli, le gouvernement inquiet

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Si la tension était vive dans la capitale, où la plupart des commerces sont restés fermés pendant la journée, la situation semblait être redevenue calme en soirée.

Les Tripolitains protestent régulièrement contre la présence des milices armées -notamment celles venant d'autres régions-, qui avaient participé aux combats à Tripoli jusqu'à la chute du régime de Mouammar Kadhafi en août 2011, mais étaient restées dans la capitale.

Ces groupes d'ex-rebelles sont accusés de s'adonner à toutes sortes de trafics et de pratiquer tortures, enlèvements et détentions arbitraires au secret.

Le Premier ministre Ali Zeidan a appelé à l'arrêt des combats. "La situation se compliquera davantage si d'autres groupes armés entrent dans la capitale", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis se sont dit pour leur part "profondément inquiets" par ces affrontements et ont appelé "toutes les parties à la retenue".

Dans l'après-midi, des miliciens venus de Misrata (environ 200 km à l'est de Tripoli), à bord de véhicules équipés de mitrailleuses ou de canons, ont tenté d'avancer vers la capitale.

Selon des témoins, des affrontements ont eu lieu à Tajoura, banlieue est de la capitale, entre ces miliciens et d'autres milices rivales. Les hommes de Misrata ont reculé par la suite de quelques kilomètres, selon les mêmes sources.

Des violences avaient éclaté vendredi quand des membres de cette milice, positionnée dans le quartier de Gharghour (sud), ont tiré sur des manifestants pacifiques venus réclamer son départ de la capitale.

En représailles, des hommes armés ont délogé la milice de son QG, au prix d'affrontements meurtriers, et ont en partie incendié les lieux.

Des hommes, arrivés en renfort dans la nuit de Misrata, ont repris le contrôle du QG, mais samedi soir, le Bouclier de Libye, une force d'ex-rebelles dépendant du ministère de la Défense, a annoncé que ces bâtiments étaient entre ses mains et que les miliciens de Misrata étaient partis.

Les violences de vendredi ont fait au moins 43 morts et plus de 450 blessés, a indiqué à l'AFP le ministre de la Santé, Noureddine Doghmane, qui n'a cependant pas fait de distinction entre les manifestants tués par les tirs et les combattants morts dans les affrontements ayant suivi.

Grève générale de trois jours à Tripoli

Le Conseil local de Tripoli (équivalent d'une mairie) a annoncé une grève générale de trois jours dans la capitale libyenne, au lendemain d'affrontements entre miliciens ayant fait plus de 40 morts, dans un communiqué publié samedi soir.

"Une grève générale de trois jours a été décidée dans tous les secteurs publics et privés (...) à partir de dimanche", selon le communiqué publié tard dans la soirée. Cette grève générale se déroulera "en signe de deuil" et de solidarité avec les familles des victimes de vendredi.

Des violences avaient éclaté vendredi quand des membres de cette milice, positionnée dans le quartier de Gharghour (sud), avaient tiré sur des manifestants pacifiques venus réclamer son départ de Tripoli. En représailles, des hommes armés ont délogé la milice de son QG, au prix d'affrontements meurtriers, et ont en partie incendié les lieux.

Les violences de vendredi ont fait au moins 43 morts et plus de 450 blessés, a indiqué à l'AFP le ministre de la Santé, Noureddine Doghmane.

De nouveaux affrontements se sont produits samedi en banlieue est de la capitale, où des hommes armés sont parvenus à empêcher des miliciens de venir venger leurs camarades.

Les Tripolitains protestent régulièrement contre la présence de factions armées. Venues d'autres localités, elles avaient participé à la libération de Tripoli du régime de Mouammar Kadhafi en août 2011, mais n'ont pas quitté la capitale, tandis que le gouvernement peine à mettre sur pied une armée et une police.

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