John Joos
John Joos
Fondateur du Mouvement CITOYEN et Conseiller communal à à la ville de Mons
Opinion

13/01/18 à 10:12 - Mise à jour à 10:12

Nous sommes libres, certes, mais sommes-nous encore capables de faire la part des choses?

Certes, le modèle de notre démocratie et ses institutions est à bout de souffle, mais nous sommes encore libres d'exprimer nos opinions entre nous et sur les réseaux, d'avoir accès aux médias, de voter, de se présenter aux élections, d'adhérer à un parti ou non.

Nous sommes libres, certes, mais sommes-nous encore capables de faire la part des choses?

Theo Francken en visite au Liban, dans le camp de réfugiés syriens de la vallée de Bekaa, septembre 2017 © Belga Image

Certes, nous avons des politiques qui préfèrent détruire la solidarité en stigmatisant du faible plutôt que de s'attaquer aux causes et aux enjeux réels... mais nous possédons toujours ce droit de débattre, de dénoncer et de s'organiser pour contrer cette politique déshumanisante.

Certes, la pauvreté est de plus en plus perceptible, elle n'a pas de couleur et les conséquences qu'elle engendre sont parfois irréversibles, mais nous avons des institutions et des associations qui ont toujours la liberté de s'organiser autour de la cause.

Certes, nous avons certains politiciens corrompus et pourris qui profitent du système mais nous avons aussi quelques politiciens honnêtes et médias qui sont encore capables de s'insurger et de faire la transparence.

Certes, nous n'avons pas tous les moyens de voyager à l'autre bout du monde et de partir à l'étranger, mais nous sommes toujours libres de quitter notre pays.

Je cite ces simples exemples parmi des millions d'autres parce qu'ils sont les fondements de notre Etat de droit et de notre relative liberté, encore aujourd'hui.

Partager

S'insurger du traitement des réfugiés soudanais n'est pas être en faveur d'un laxisme face au terrorisme ou à l'immigration de masse

Un réfugié politique, comme son statut l'indique, est un être humain qui aspire à ces libertés vitales comme chacun d'entre nous, mais qui dans son pays est emprisonné voire torturé à chaque fois qu'il tente de les défendre. Face à tous ces risques dont celui de mourir, et aux abandons que cela impose, aspirant à un monde plus juste et libre, ces citoyens ont choisi de fuir.

S'insurger du traitement des réfugiés #soudanais n'est pas être en faveur d'un laxisme face au terrorisme ou à l'immigration de masse mais l'exigence d'une politique juste, ferme et humaine en ces matières. L'illustration parfaite que ce gouvernement est incapable de mener une politique ferme, humaine et juste.

Il est donc selon moi une grave erreur de penser que ces politiciens du gouvernement #MR/NVA, qui bénéficient de toutes les libertés et au-delà, auraient mené correctement leur boulot en renvoyant ces réfugiés entre les mains de dictateurs qui leur ont fait ou leur feront la peau.

Cette affaire des #soudanais n'est pas un simple fait divers, c'est un pas de plus vers l'extrême droite, une atteinte aux Droits de l'Homme, à la dignité et à l'humanité, fondement de notre société.

Et de rappeler à tous ceux qui s'attaquent aux réfugiés politiques, qu'en le faisant ils soutiennent leurs bourreaux et les nôtres, et ce, toujours au préjudice de la justice et de la liberté.

Je ne fais pas de l'opposition partisane, gratuite ou facile, je me permets d'exprimer humainement ce que je ressens face à l'attitude et le discours agonisants de ces hommes qui représentent mon pays.

En savoir plus sur:

Nos partenaires