Notre-Dame-des-Landes : l'évacuation musclée des occupants illégaux (En images)

10/04/18 à 15:06 - Mise à jour à 15/04/18 à 10:37

De heurts violents ont éclaté cette semaine entre les forces de l'ordre et les occupants illégaux des terrains à Notre-Dame-des-Landes, dans l'ouest de la France, au cours d'une opération massive destinée à les déloger.

Près de trois mois après l'abandon d'un projet d'aéroport dans la région, le gouvernement a lancé lundi cette opération mobilisant 2.500 gendarmes pour expulser des militants ayant élu domicile dans une zone d'aménagement différé ("ZAD") rebaptisée "zone à défendre" par les opposants.

Depuis mardi matin, des affrontements opposent les forces de l'ordre et les manifestants qui entendent défendre leurs positions, des "zadistes" mais aussi des renforts de tous horizons venus les soutenir.

Côté opposants, six ont été blessés selon l'équipe médicale de la ZAD, dont quatre par des éclats de grenade de désencerclement aux jambes, un touché à la tête par palet d'une grenade lacrymogène dans la tête, et un par un tir de grenade lacrymogène à la jambe.

Deux gendarmes ont été également blessés au genou et à la cheville, selon une source proche du dossier.

"Cassez-vous, cassez-vous!"

Les heurts ont commencé vers 05H30 GMT, un peu plus d'une heure après la reprise des opérations. Les gendarmes ont lancé plusieurs grenades assourdissantes et tiré des gaz lacrymogènes. "Cassez-vous, cassez-vous!", hurlaient à leur adresse les opposants qui ont riposté par des jets de projectiles, des cocktails Molotov et des tirs de fusées.

Un hélicoptère de la gendarmerie qui survolait la zone a été visé par des tirs de fusée qui ne l'ont pas atteint, a rapporté le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Frédéric de Lanouvelle.

L'intervention pourrait "durer jusqu'à la fin de la semaine", a estimé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb en évoquant une journée de mardi "forcément cruciale". Une vingtaine de squats restaient à démanteler, après les 13 qui l'ont été déjà, a-t-il précisé.

"Il est certain que c'est un sujet qui ne va pas être réglé en un ou deux jours. On travaille dans la durée", a confirmé le patron de la gendarmerie, le général Richard Lizurey.

Combien de zadistes à expulser? "Le chiffre est extrêmement variable. Un certain nombre d'opposants vont et viennent (...) nous avions environ 200 opposants hier dans la journée. Nous avons terminé la journée avec une centaine", a estimé le patron de la gendarmerie.

Cette opération répond à l'engagement pris par le Premier ministre Edouard Philippe d'éradiquer cette "zone de non droit" le 17 janvier, lorsqu'il a mis fin au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Les zadistes ont appelé dès lundi "tous ceux qui le peuvent à se rendre sur place dès l'aube" mardi pour "faire obstacle" aux forces de l'ordre. Il y a eu "des renforts très jeunes, venus se battre", a remarqué la préfète des Pays-de-la-Loire, Nicole Klein.

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