Norvège : la droite remporte les législatives, selon les premières projections

09/09/13 à 22:25 - Mise à jour à 22:25

Source: Le Vif

La droite a remporté les élections législatives en Norvège lundi, selon les premières projections, ouvrant la voie à une alliance entre les conservateurs et un parti populiste anti-immigration, deux ans après les sanglantes attaques de Breivik.

Norvège : la droite remporte les législatives, selon les premières projections

© Reuters

Les quatre formations de droite et de centre droit disposent d'une majorité de 93 sièges sur 169 au Parlement, selon les projections réalisées par le Bureau norvégien de statistiques après décompte de 22,2% des suffrages.

Un tel résultat, s'il devait être confirmé, fait flotter un parfum d'alternance dans un pays qui se porte pourtant exceptionnellement bien par rapport à ses voisins européens.

Au pouvoir depuis 2005, la coalition de centre gauche du Premier ministre travailliste Jens Stoltenberg n'est, elle, créditée que de 75 mandats, selon les mêmes projections, le dernier siège revenant à un parti d'extrême gauche.

Les quatre formations de droite, pour peu que leur victoire électorale soit confirmée, doivent encore s'entendre sur une plateforme de gouvernement dans les semaines à venir.

Or, le "bloc bourgeois" est très hétéroclite, regroupant les conservateurs de Mme Erna Solberg, pressentie pour devenir le prochain Premier ministre, la droite populiste (parti du Progrès, FrP) et deux partis de centre droit, les démocrates-chrétiens et les libéraux, dont les vues divergent sur de nombreuses questions comme l'immigration ou le climat.

Sur le papier, tout semblait plaider pour la reconduction de la gauche: après avoir traversé la crise sans casse, le pays scandinave, riche en pétrole, affiche une prospérité économique remarquable avec un chômage négligeable et des niveaux de vie très élevés.

Résolument à l'écart de l'Union européenne, il possède aussi le plus gros fonds souverain au monde, pesant quelque 750 milliards de dollars.

Après huit années aux commandes, une longévité rarissime en Norvège, la gauche a été victime d'une usure du pouvoir, mais aussi des défaillances des autorités apparues lors des attaques de l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait tué 77 personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo puis en ouvrant le feu sur un rassemblement de Jeunes travaillistes sur l'île d'Utoeya.

Héros d'une nation meurtrie qui avait trouvé les mots justes en promettant "plus de démocratie" et "plus d'humanité" face à l'horreur, M. Stoltenberg a ensuite vu son image écornée par le rapport d'une commission indépendante qui avait conclu que les attaques auraient pu être évitées et que Breivik aurait pu être arrêté plus tôt.

Paradoxalement, le scrutin de lundi semble ouvrir les portes du pouvoir au parti du Progrès, une formation cantonnée dans l'opposition depuis sa création il y a 40 ans et dont Breivik a été membre jusqu'en 2006.

Crédité de 30 mandats, ce qui en fait la troisième formation au Parlement, le FrP de Mme Siv Jensen est le mieux placé pour former un gouvernement avec les conservateurs, avec l'appui probable - mais sans participation - des deux partis de centre droit.

La formation s'est nettement démarquée du tueur et a mis la question de l'immigration en sourdine, mais elle reste favorable à une politique ultra-restrictive en la matière.

Ilot de prospérité, la Norvège attire les étrangers: 70.000 d'entre eux y ont immigré l'an dernier, dont 25.000 non-Européens, gonflant rapidement la population qui compte un peu moins de 5,1 millions d'individus.

Selon des médias norvégiens, M. Stoltenberg ne devrait pas immédiatement annoncer sa démission, semblant parier sur l'incapacité de ses rivaux de droite à s'entendre.

Malgré la défaite électorale de la coalition qu'ils dominent, les travaillistes restent le principal parti au Parlement, avec 55 mandats à ce stade contre 47 pour les conservateurs.

En cas de zizanie au sein de la droite, il pourrait faire valoir sa taille pour rester au pouvoir à la tête d'un gouvernement minoritaire.

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