Nigeria : Boko Haram veut échanger des prisonniers contre les lycéennes enlevées

12/05/14 à 13:56 - Mise à jour à 13:56

Source: Le Vif

Le chef de Boko Haram a diffusé lundi une nouvelle vidéo montrant une centaine de jeunes femmes présentées comme les lycéennes nigérianes enlevées mi-avril dans le nord-est du pays, affirmant les avoir converties à l'Islam et exigeant la libération de prisonniers du groupe islamiste en échange de celle des jeunes filles.

Nigeria : Boko Haram veut échanger des prisonniers contre les lycéennes enlevées

© Image Globe

Abubakar Shekau parle pendant 17 minutes dans une vidéo obtenue par l'AFP, qui montre ensuite une centaine adolescentes portant un voile couvrant tout leur corps, en train de prier, à l'air libre et dans un lieu non-identifié.

Au total, 276 lycéennes avaient été enlevées le 14 avril à Chibok, dans l'Etat de Borno (nord-est), qui abrite une communauté chrétienne importante. Selon la police, 223 d'entre elles sont toujours portées disparues.

La vidéo montre quelque 130 filles habillées de longs voiles noirs et gris découvrant leurs visages, assises par terre dehors, entourées d'arbres, et récitant le premier chapitre du coran. A aucun moment de la vidéo, qui dure 27 minutes au total, Shekau n'apparaît en compagnie des jeunes filles, qui ont l'air abattues, résignées, mais pas terrifiées. Une des filles affirme que les captives ne sont pas maltraitées.

Rien ne permet de dire où a été tournée cette vidéo, dont la qualité est bien meilleure que celle des vidéos publiées dans le passé par le groupe islamistes.

Lors de son intervention, Abubakar Shekau apparaît devant un fond vert en tenue militaire, avec une arme automatique. Le chef de Boko Haram, qui s'exprime en arabe puis en haoussa, la langue la plus parlée dans le nord du Nigeria, revendique à nouveau le rapt massif de Chibok, ce qu'il avait déjà fait lundi dernier dans une précédente vidéo, et il affirme avoir converti les captives à l'islam.

"Nous ne les libérerons qu'après que vous ayez libéré nos frères" emprisonnés par les autorités nigérianes, dit Shekau. Il précise qu'un tel échange ne concernerait que "celles qui ne se sont pas converties" à l'Islam, celles ayant accepté de devenir musulmanes étant devenues "des soeurs".

Le gouvernement exclut tout échange

Le ministre de l'Intérieur nigérian a exclu lundi d'échanger des prisonniers de Boko Haram contre plus de 200 lycéennes prises en otage, comme l'a exigé Abubakar Shekau, le chef du groupe islamiste dans une nouvelle vidéo. "Ce n'est pas à Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions", a déclaré Abba Moro et "il n'est pas question d'échanger une personne contre une autre". A la question de savoir s'il rejetait une telle condition, il a répondu "bien sûr".

L'Union européenne condamne les violences de Boko Haram

Les ministres européen des Affaires étrangères se sont dits lundi "profondément inquiets" des attaques terroristes récentes qui ont touché le nord du Nigeria et ont appelé à la libération immédiate et inconditionnelle des plus de 200 écolières enlevées par le groupe salafiste Boko Haram.

"Le Conseil condamne fortement les assassinats indistincts de centaines de civils et l'enlèvement de plus de 200 écolières dans l'état de Borno", ressort-il des conclusions adoptées par les ministres des Affaires étrangères des 28 Etats membres. "Ces actes représentent une attaque contre les droits de l'homme et la dignité".

L'Union européenne devrait mettre en place une unité de coordination au sein de la délégation européenne à Abudja. Les diplomates présents sur place récolteraient alors les informations issues des différentes missions exploratoires envoyées par les pays européens afin de voir comment aider au mieux les autorités nigérianes. La Belgique a elle-même envoyé deux personnes, des SPF Affaires étrangères et Santé publique, afin d'évaluer les besoins des autorités sur place.

"L'Union européenne travaillera à éradiquer la culture de l'impunité dans l'utilisation de la violence sexuelle comme outil et conséquences des conflits dans le monde", soulignent les ministres des Affaires étrangères. Ils indiquent également que l'Union soutient le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa volonté de prendre des "mesures appropriées" contre Boko Haram.

En savoir plus sur:

Nos partenaires