New York: L'enfer de la prison de Rikers Island

15/07/14 à 07:10 - Mise à jour à 07:10

Source: Le Vif

Le maire de New York Bill de Blasio a qualifié lundi d'"inacceptable" la situation à la prison de Rikers Island, où les prisonniers, notamment ceux souffrant de troubles mentaux, seraient régulièrement battus par leurs gardiens.

New York: L'enfer de la prison de Rikers Island

© Reuters

Cette prison, la deuxième plus grande des Etats-Unis, est située sur une île au nord-est de Manhattan et abrite 11.000 prisonniers. A l'issue de quatre mois d'enquête, le New York Times a affirmé lundi que, sur une période de 11 mois l'an dernier, 129 détenus y avaient été grièvement blessés dans des altercations avec des gardiens -fractures, blessures nécessitant des points de suture, blessures à la tête, tympans éclatés et même perforation intestinale.

77% de ces détenus souffraient de troubles mentaux et 80% avaient été frappés alors qu'ils étaient menottés, selon le quotidien qui dénonce une violence "généralisée et routinière".

"La situation actuelle est inacceptable, et nous allons agir très rapidement et sérieusement pour changer cela", a déclaré le maire, qui a pris ses fonctions en janvier, en réponse à une question lors d'un point de presse. "Nous avons un plan très agressif pour changer cela", a-t-il ajouté. Selon le New York Times, Rikers Island compte désormais 4.000 prisonniers souffrant de troubles mentaux, notamment dépression, schizophrénie ou troubles bipolaires. Ils constituent désormais presque 40% de la population carcérale, contre 20% il y a 8 ans, selon le quotidien.

Ces détenus sont responsables de deux tiers des infractions dans la prison, et de la très grande majorité des agressions contre le personnel. Peu formé à ces problématiques, celui-ci "s'appuie sur les gaz lacrymogènes, les immobilisations au sol, et les poings pour les maîtriser", a ajouté le quotidien, en précisant que durant les six premiers mois de 2014, les gardiens avaient eu recours à la force 1.927 fois, un tiers de plus que l'an dernier à la même époque. "Dans nombre des cas examinés par le Times, la réponse des gardiens semble avoir été largement disproportionnée par rapport à l'offense", note aussi le journal.

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