Mort des otages français au Niger : un membre d'Aqmi témoigne

06/01/12 à 11:15 - Mise à jour à 11:15

Source: Le Vif

Libération s'est procuré le témoignage d'un membre d'Aqmi, qui raconte l'enlèvement d'Antoine de Léocour et Vincent Delory il y a un an au Niger.

Mort des otages français au Niger : un membre d'Aqmi témoigne

© Reuters

Dans son édition datée de ce vendredi, le quotidien Libération cite le témoignage d'un membre d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Dans ses propos recueillis le 30 novembre dans une prison à Nouakchott, le terroriste précise qu'il n'a pas participé à l'enlèvement d'Antoine de Léocour et Vincent Delory. Mais qu'il a entendu le récit fait quelques heures plus tard par des membres du commando jihadiste qui ont survécu à l'attaque des forces spéciales françaises qui tentaient de libérer les deux jeunes Français.

L'un des deux Français enlevés en janvier 2011 au Niger par des membres d'Aqmi a été exécuté par un ravisseur et l'autre est mort carbonisé dans l'incendie du 4x4 dans lequel il était prisonnier, affirme Mohamed al-Amine ould Mohamedou ould M'Balle interrogé par un juge anti-terroriste français. Ce terrotiste 22 ans, a été interrogé dans la capitale mauritanienne, où il est détenu depuis février 2011 suite à une tentative d'attaque contre l'ambassade de France, par le juge anti-terroriste français Yves Jannier.

Selon Mouawiya, des ravisseurs ont raconté, une fois rentré au sein de la katiba (unité de jihadistes), que l'un d'entre eux, surnommé Fayçal al-Jazaïri, avait abattu Antoine de Léocour de plusieurs balles de kalachnikov parce qu'il le retardait dans sa fuite à pieds dans le désert, juste après l'attaque par les commandos français. Il assure aussi que Vincent Delory a péri brûlé dans le 4x4, qui transportait de l'essence, à la suite des tirs qui l'ont touché. Les membres du commando de ravisseurs ont assuré après l'opération n'avoir pas exécuté ce deuxième otage.

Les forces françaises en cause?

Libération s'est également procuré le PV de l'audition en tant que témoin, le 16 décembre, du commandant du Commandement des opérations spéciales (COS), le général Frédéric Beth. Celui-ci livre peu de détails et surtout n'apporte pas d'élément nouveau sur le point le plus sensible: comment a pris feu le 4x4. La famille de Vincent Delory accuse les forces françaises d'avoir ouvert le feu sur le véhicule dans lequel il se trouvait, provoquant sa mort.

Le film de l'opération, tourné depuis un avion, a été amputé d'une minute: celle au cours de laquelle le 4x4 prend feu. Selon le ministre français de la Défense, qui le précise dans une lettre au juge datée du 9 décembre, cette coupe a pour but de "ne pas révéler (...) certains détails opérationnels".

Devant le juge, le général Beth a assuré être "dans l'incapacité d'apporter des précisions sur l'embrasement" du véhicule.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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