Meurtre d'un policier et de sa compagne près de Paris: le meurtrier avait été condamné pour participation à une filière djihadiste

14/06/16 à 06:31 - Mise à jour à 08:51

Source: Afp

Le meurtrier d'un policier et de sa compagne tués lundi soir dans la région parisienne, un acte revendiqué par le groupe Etat islamique, avait été condamné en 2013 pour participation à une filière djihadiste entre la France et le Pakistan, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Meurtre d'un policier et de sa compagne près de Paris: le meurtrier avait été condamné pour participation à une filière djihadiste

© AFP

Moins de deux jours après la tuerie d'Orlando (Etats-Unis) qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay et avait également été revendiquée par l'EI, cette attaque intervient en plein Euro de football et sept mois après les attentats de novembre.

L'assaillant, identifié dans la matinée, est un homme de 25 ans, Larossi Abballa, originaire de Mantes-la-Jolie, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Paris. Jugé avec sept autres prévenus, il avait été condamné en 2013 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis, pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes", a-t-on appris de source proche du dossier. Des perquisitions étaient en cours mardi matin. "Cet acte a été fait par quelqu'un qui avait été effectivement arrêté pour recrutement", a laconiquement indiqué à la radio RTL le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Mais "à l'heure où on parle, il est difficile de tirer quelque conclusion que ce soit, il faut être prudent".

Une réunion à la présidence entre le président François Hollande, le Premier ministre Manuel Valls, les ministres de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et de la Justice Jean-Jacques Urvoas a débuté mardi matin. Le président a affirmé dans la nuit que "toute la lumière serait faite" sur "la nature exacte" de "ce drame abominable". Le Premier ministre, Manuel Valls a exprimé de son côté, la "solidarité de toute la nation aux policiers" et appelé à "refuser la peur, combattre le terrorisme", sur Twitter.

Le meurtrier a tué lundi soir un policier habillé en civil, devant chez lui, avant de se retrancher au domicile de sa victime à Magnanville (région parisienne) et d'être abattu lors d'un assaut de la police. Dans la maison, les policiers ont découvert le corps de sa compagne, secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, et retrouvé le fils du couple, âgé de trois ans, "choqué et indemne".

Selon des sources policières, l'homme "s'est revendiqué du groupe djihadiste" durant les négociations avec les policiers. Des témoins ont également rapporté aux enquêteurs qu'il aurait crié "Allah akbar" en attaquant le policier. Quelques heures après, l'agence Amaq liée au groupe djihadiste a affirmé qu'un "combattant de l'Etat islamique" avait tué le couple près de Paris, selon le centre américain de surveillance de sites djihadistes SITE. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête.

Ce drame intervient moins de deux jours après la tuerie d'Orlando (Etats-Unis) qui a fait 49 morts et 53 blessés dans un clubgay, un acte perpétré par un Américain d'origine afghane qui s'est réclamé de l'EI. C'est aussi l'agence Amaq qui avait attribué le massacre d'Orlando à "un combattant de l'EI".

Depuis les attentats parisiens du 13 novembre, qui ont fait 130 morts, la France vit plus que jamais sous menace terroriste. C'est dans ce lourd climat, et avec un dispositif de sécurité massif, que la France accueille depuis le 10 juin l'Euro de football. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a exprimé "son infinie tristesse" et a souligné "le grand professionnalisme" des policiers du Raid.

Il se rendra mardi matin "aux commissariats des Mureaux et de Mantes-la-Jolie" pour "témoigner la solidarité du gouvernement". "La France est aujourd'hui, clairement, le pays le plus menacé", avait estimé en mai le patron du renseignement intérieur, Patrick Calvar. Le 24 novembre 2015, le service de presse de l'Etat islamique dans la province d'Al-Raqqa avait diffusé une vidéo, dans laquelle des combattants francophones de l'EI menaçaient les Français de nouvelles attaques contre leurs "maisons".

Belga

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