Merkel reconnaît des erreurs dans sa politique migratoire

19/09/16 à 15:55 - Mise à jour à 15:59

Source: Afp

Angela Merkel a reconnu lundi des erreurs commises dans la politique migratoire et a promis de tout faire pour que le chaos de l'automne 2015 en Allemagne ne se reproduise pas, au lendemain d'un nouveau revers électoral pour son parti.

Merkel reconnaît des erreurs dans sa politique migratoire

© Reuters

"Si je pouvais, je remonterais le temps de plusieurs années en arrière afin de pouvoir, avec le gouvernement et les autres décideurs, mieux nous préparer à la situation qui nous a pris un peu de court à la fin de l'été 2015", lorsque des dizaines de milliers de réfugiés ont afflué en Allemagne, a déclaré à la presse la chancelière allemande.

Si elle a de nouveau défendu sa décision controversée d'ouvrir les frontières aux réfugiés fuyant en particulier la guerre civile en Syrie, elle a esquissé à Berlin un début de mea culpa.

"Au bout du compte, c'était totalement justifié, mais cela a aussi abouti à ce que nous ne puissions, pendant un temps, plus complètement contrôler la situation" aux frontières de l'Allemagne, qui a accueilli près d'un million de migrants en 2015, a-t-elle dit.

La chancelière a promis, "car nous avons appris de l'histoire", de tout faire pour éviter un nouveau chaos comme celui de l'automne 2015, qui avait mis à rude épreuve les capacités d'accueil du pays. "Personne, moi non plus, ne veut qu'une telle situation ne se reproduise", a-t-elle dit.

"Dieu sait à quel point nous n'avons pas pris que de bonnes décisions au cours des dernières années" en matière migratoire, a-t-elle déclaré, soulignant en particulier que l'Allemagne n'avait "pas été championne du monde de l'intégration" des migrants.

Mme Merkel a promis de "mieux expliquer" à l'opinion sa politique en matière d'intégration, qui ne progresse "pas assez vite", alors que son parti (CDU) a enregistré dimanche son pire résultat dans une élection régionale à Berlin (17,6%), deux semaines après avoir été humilié dans un scrutin similaire dans le nord-est du pays.

A contrario, le mouvement de droite populiste Alternative pour l'Allemagne (AfD) capitalise sur le mécontentement d'une partie des électeurs à l'égard des réfugiés et met en garde contre une islamisation du pays. Le parti a obtenu 14,2% des voix dans la capitale allemande et est en bonne voie de s'ancrer durablement à la droite de la CDU dans le paysage politique national.

Dans un geste à l'adresse de ses détracteurs, la chancelière a de nouveau promis de ne plus utiliser son slogan volontariste de l'été 2015 en matière d'accueil des réfugiés - "nous y arriverons!" - qui lui vaut aujourd'hui moult critiques et railleries.

Selon elle, ce slogan est devenu "une formule creuse" à force d'être répétée et irrite nombre d'Allemands.

Dans le même temps, elle a refusé de céder aux sirènes populistes qui demandent l'interdiction de l'immigration musulmane. Une telle mesure serait contraire à la constitution, aux obligations humanitaires de l'Allemagne et à ses "valeurs", a-t-elle dit.

Elle s'est dite convaincue que l'Allemagne sortirait "bonifiée" de "la phase actuelle", sans avoir à renoncer à ce qu'elle est.

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