Manifestations anti-régime en Syrie, Ban demande l'arrêt des violences

31/08/12 à 22:11 - Mise à jour à 22:11

Source: Le Vif

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de Syrie pour réclamer le départ du président Bachar al-Assad, à qui le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé de ne plus utiliser d'armes lourdes face à la rébellion.

Manifestations anti-régime en Syrie, Ban demande l'arrêt des violences

© Reuters

Comme chaque vendredi depuis le début de l'insurrection en mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues, mais parfois en petits groupes par crainte des bombardements, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Nous ne céderons pas, malgré vos chars et vos canons", ont scandé les manifestants à Assali, un quartier du sud de Damas.

Les forces du régime, qui assimile les rebelles à des terroristes, avaient pourtant été largement déployées. Ainsi, les accès à Damas étaient fermés et la plupart des quartiers de la capitale parsemés de barrages des services de sécurité, selon un journaliste de l'AFP.

A Marea, localité rebelle de la province d'Alep (nord), quelques dizaines de personnes ont scandé "Bachar, dégage! ", les yeux rivés vers le ciel, à la recherche d'un avion de combat ou d'un hélicoptère qui bombardent régulièrement, selon une journaliste de l'AFP.

A travers le pays, au moins 70 personnes ont été tuées vendredi, selon un bilan provisoire de l'OSDH qui a recensé 119 morts jeudi. A Aïn Terma, dans la province de Damas, des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées par des tirs, selon l'OSDH, qui n'était pas en mesure de donner plus de détails. L'armée a mené un raid à Aïn Terma, a confirmé à l'AFP via Skype un militant qui s'est identifié comme Mohammed. "Des corps sans vie gisent sur le sol, des maisons et des magasins ont été pillés", a-t-il dit.


"Plus personne ne pense à nous"
Dans la province d'Idleb (nord-ouest), six personnes ont été tuées dans des bombardements autour d'Abou el-Zouhour, où se trouve l'une des deux importantes bases aériennes militaires de la région, théâtre de combats pour la deuxième journée consécutive, a indiqué l'OSDH.

Les rebelles avaient affirmé jeudi avoir abattu un avion de combat peu après son décollage de cette base. A Boukamal (est), des combats ont eu lieu entre les forces gouvernementales et les rebelles qui "se sont emparés de plusieurs positions de l'armée, dont une base dans l'aéroport militaire de Hamdan", a déclaré à l'AFP le chef de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Cette ONG a en outre rappelé que des "centaines de familles" en étaient à leur 90e jour de siège à Homs (centre) dans plusieurs quartiers rebelles. Les personnes bloquées témoignent d'un quotidien de peur et de désespoir. "Nous n'avons que du riz et des grains de blé (...) les blessés et les personnes âgées ont besoin de médicaments. Les enfants ont besoin de lait. Mais plus personne au monde ne pense à nous", a déclaré via Skype à l'AFP un militant se présentant sous le nom d'Abou Bilal.

Sur le front diplomatique, M. Ban a rencontré le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi à Téhéran, en marge du sommet des Non-Alignés, pour répéter ses appels à cesser la répression. "J'ai rappelé que toutes les parties devaient cesser toute forme de violence, la responsabilité principale incombant au gouvernement syrien qui doit cesser d'utiliser des armes lourdes", a déclaré M. Ban, demandant aussi aux pays étrangers de cesser de fournir des armes "aux deux parties".


15.000 réfugiés en 3 jours


Jeudi, il avait demandé au président iranien Mahmoud Ahmadinejad "d'user de l'influence" de l'Iran pour convaincre son allié syrien de mettre fin aux violences. Le Guide suprême iranien Ali Khamenei a cependant accusé les Etats-Unis et Israël d'être "les principaux responsables cachés" de la crise.

Et le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, a accusé Ankara d'"entraîner" et de "faire passer des terroristes en Syrie".

Aucune issue n'était en vue après plus de 17 mois d'une révolte qui s'est militarisée face à la répression, et de violences qui ont fait plus de 26.000 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH. Après de vains appels au départ du président Assad, fermement soutenu par Moscou, Pékin et Téhéran, les pays occidentaux se concentrent désormais sur le volet humanitaire.

La France a appelé vendredi "tous les donateurs à se mobiliser" pour renforcer l'aide aux réfugiés. Jeudi soir, en marge d'une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU, Paris et Londres avaient annoncé un effort humanitaire supplémentaire de plusieurs millions d'euros.

Selon l'ONU, il y a au moins 1,2 million de déplacés en Syrie et près de 229.000 réfugiés officiellement enregistrés dans les pays voisins (Turquie, Jordanie, Liban et Irak), dont 15.000 arrivés en trois jours. Ankara a suggéré la création de zones protégées en Syrie le long de la frontière, mais Paris, Londres et des responsables de l'ONU ont souligné les difficultés qu'il y aurait à assurer la protection de telles "zones tampons", d'autant que M. Assad s'y oppose.

Avec Belga.

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