Mali: un hélicoptère d'attaque de la Minusma s'écrase avec deux personnes à bord

26/07/17 à 19:41 - Mise à jour à 20:23

Source: Afp

Un hélicoptère d'attaque du contingent allemand de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) s'est écrasé accidentellement mercredi dans le nord du pays avec à son bord deux membres d'équipage, ont annoncé les Nations unies.

Mali: un hélicoptère d'attaque de la Minusma s'écrase avec deux personnes à bord

Image d'illustration. Un hélicoptère médical belge © Reuters

"Pour nous, c'est un accident", a déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat un responsable de la Minusma à Gao, dans le nord du Mali.

"L'hélicoptère appartient au contingent allemand de La Minusma", a-t-il précisé. "Le crash s'est déroulé dans la localité de Ilouk", à quelque 130 km au sud de Gao. "Rien ne permet à ce stade de dire que l'appareil a été abattu ou qu'il a été victime de tirs", a-t-il poursuivi.

Deux membres d'équipage se trouvaient à son bord, a précisé un porte-parole de l'ONU, Farhan Haq, du siège des Nations unies à New York.

Des diplomates de l'ONU ont également indiqué que l'équipage et l'appareil avaient été fournis à la Minusma par l'Allemagne.

M. Haq a ajouté que la Minusma avait dépêché une équipe sur les lieux du crash pour déterminer le sort de l'équipage et préciser les circonstances du drame.

Mais il a d'ores et déjà expliqué que l'hélicoptère s'était écrasé alors qu'il "surveillait des affrontements au sol" et que "le site doit être sécurisé avant qu'une équipe puisse se rendre sur place".

En mars 2015, deux militaires néerlandais de la Minusma avaient déjà péri dans un accident d'hélicoptère, également près de Gao. Ils se trouvaient dans un appareil qui était en phase d'atterrissage à une vingtaine de kilomètres de la ville avant de s'écraser.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013, à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de la Minusma (forte de 12.000 hommes), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

L'armée allemande a renforcé depuis le début de l'année sa présence au Mali, avec l'arrivée de huit hélicoptères et de plusieurs centaines d'hommes, une décision emblématique de la montée en puissance européenne que la France appelle de ses voeux en Afrique.

Le contingent allemand de la Minusma compte actuellement 639 membres, selon le décompte de l'ONU. Il constitue le plus gros déploiement de la Bundeswehr à l'étranger, devant la mission en Afghanistan. Son mandat a été prolongé en début d'année par le Parlement allemand jusqu'en janvier 2018.

Les quatre hélicoptères de combat Tigre ont pour fonction d'assurer la sécurité rapprochée des troupes et de participer à des missions de reconnaissance, au côtés de blindés légers et de xdrones allemands.

Par ailleurs, début juillet, les dirigeants des pays du G5 Sahel (Mali, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso et Niger), aiguillonnés par le président français Emmanuel Macron, ont acté la constitution d'une force antijihadiste conjointe et débloqué des fonds pour commencer son déploiement en septembre-octobre.

Réunis à Bamako, ils ont promis d'apporter chacun 10 millions d'euros, qui s'ajouteront aux 50 millions d'euros promis par l'Union européenne.

Déployée dans un premier temps aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, avec un effectif initial de 5.000 hommes, basée à Sévaré (centre du Mali), la nouvelle force s'ajoutera aux troupes de l'opération Barkhane et de la Minusma.

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