Malaisie: relaxé, l'opposant Anwar Ibrahim prépare sa revanche

09/01/12 à 11:51 - Mise à jour à 11:51

Source: Le Vif

Le chef de l'opposition en Malaisie Anwar Ibrahim, ancien vice-Premier ministre, a été acquitté lundi à l'issue d'un procès controversé en sodomie et il s'est immédiatement engagé à remporter les prochaines élections.

Malaisie: relaxé, l'opposant Anwar Ibrahim prépare sa revanche

© Reuters


L'ancien vice-Premier ministre était accusé de sodomie. Une manoeuvre pour écarter du pouvoir cet ancien dauphin qui avait pris la tête de l'opposition face à une coalition qui gouverne la Malaisie depuis plus d'un demi-siècle d'indépendance.

Cela fait plus de 13 ans que les autorités de Malaisie s'acharnent sur lui. Mais le chef de l'opposition malaisienne Anwar Ibrahim a finalement été, pour la seconde fois au cours de ces années, blanchi, ce lundi d'accusations de sodomie, politiquement motivées selon lui. Et aussitôt relaxé, il a promis de faire tomber le gouvernement en place aux prochaines législatives dans quelques mois.

"Merci mon Dieu, justice a été rendue", a déclaré Anwar Ibrahim, 64 ans, visiblement soulagé après un acquittement que beaucoup de ses fidèles n'espéraient plus. Accusations fabriquées de toutes pièces pour lui barrer la route L'ancien vice-Premier ministre était accusé d'avoir sodomisé un ex-conseiller, un crime passible de 20 ans de prison en Malaisie, pays à majorité musulmane. Selon l'opposition, ces accusations ont été fabriquées de toutes pièces afin de barrer la route au leader charismatique qui avait conduit une coalition d'opposants vers de surprenants gains lors des dernières législatives de 2008. Anwar Ibrahim a été poursuivi peu après ce scrutin.

Mais ces plans ont échoué, s'est-il réjoui, lançant un défi au pouvoir en place. "Aux prochaines élections, (la) voix du peuple sera entendue et ce gouvernement corrompu tombera de son piédestal", a-t-il assuré dans un message diffusé sur Twitter. Des élections législatives doivent en effet être convoquées au plus tard d'ici 2013 mais le Premier ministre sortant, Najib Razak, devrait les organiser dans les quelques mois à venir, selon la presse locale.
Najib Razak est à la tête d'une coalition, le Barisan, qui gouverne la Malaisie depuis plus d'un demi-siècle d'indépendance mais est de plus en plus contestée. Cette relaxe montre "l'indépendance de la justice" malaisienne, s'est justifié le ministre de l'Information, Rais Yatim, en réponse aux accusations répétées d'abus de pouvoir.

Une première accusation en 1998

A la fin des années 90 déjà, des accusations similaires avaient empêché Anwar Ibrahim de prendre les rênes d'un pouvoir qui lui semblait à portée de mains. Il était alors vice-premier ministre et considéré comme le dauphin du chef du gouvernement d'alors, Mahathir Mohamad, pilier de la politique malaisienne, Premier ministre pendant plus de 20 ans. Mais un vif différend avait provoqué leur séparation et sa démission forcée en 1998. Peu après, il avait été condamné et emprisonné pour sodomie et corruption. Ces accusations, dont il s'est toujours défendu, ont cependant été abandonnées en 2004.

Revenu sur le devant de la scène politique, Anwar Ibrahim a pris le commandement d'une coalition d'opposants, aujourd'hui appelée l'Alliance du peuple (PR). Et en 2008, ce rassemblement au programme largement social-démocrate avait obtenu un score sans précédent aux législatives.

Sa nouvelle relaxe, qui vient clore deux ans d'un procès aussi controversé que retentissant, a suscité les vivats d'une foule de milliers de partisans qui s'étaient massés aux abords de la Cour suprême de Kuala Lumpur, où le jugement a été rendu. Le poing dressé, des fidèles ont accueilli le verdict aux cris de "Reformasi" (la réforme), cri de ralliement des soutiens du leader de l'opposition.

Le verdict relance la campagne en vue des prochaines élections. "Il venge M. Anwar et ôte de manière significative les doutes sur sa conduite personnelle, sujet de préoccupations, en particulier au sein de l'électorat musulman conservateur", a expliqué Ibrahim Suffian, responsable du Centre Merdeka, premier institut d'enquêtes d'opinion en Malaisie.

LeVif.be avec L'Express.fr

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