Maduro en position de force après un nouveau succès électoral

11/12/17 à 21:38 - Mise à jour à 21:38

Source: Afp

Le triomphe du camp du président vénézuélien Nicolas Maduro aux municipales de dimanche lui ouvre la voie à un nouveau mandat en 2018, d'autant qu'il a exclu les principaux partis d'opposition de la présidentielle.

Maduro en position de force après un nouveau succès électoral

Nicolas Maduro © AFP

"A présent, préparons-nous pour de grandes victoires en 2018! " a lancé dans la nuit de dimanche à lundi le dirigeant socialiste devant ses partisans.

Dans ce pays au bord de la faillite, le chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013) a raflé "plus de 300" des 335 mairies, contre 242 précédemment, dont 20 des 23 capitales régionales, ont annoncé M. Maduro et l'autorité électorale.

Lors de ce scrutin traditionnellement peu populaire, la participation a été de 47,32%, selon le Conseil national électoral (CNE).

Le Venezuela, riche en pétrole, fait face à de graves difficultés pour rembourser dans les temps à la fois sa dette souveraine évaluée à 150 milliards de dollars et celle du groupe public pétrolier PDVSA, qui en représente à elle seule 30%.

Vendredi, le pays a de nouveau été déclaré en défaut de paiement sur deux remboursements d'emprunts obligataires par l'agence de notation S&P Global Ratings.

M. Maduro a annoncé dimanche que les principaux partis d'opposition seraient exclus du scrutin présidentiel: "Tout parti qui n'a pas participé aujourd'hui et qui a appelé au boycott des élections ne peut plus participer", a-t-il déclaré, affirmant qu'il s'agissait là d'un "critère de l'Assemblée nationale constituante", intégralement composée de partisans du chef de l'Etat.

"La tentative de Maduro d'exclure les partis d'opposition de l'élection présidentielle est une nouvelle mesure extrême pour fermer l'espace démocratique au Venezuela et consolider le pouvoir de sa dictature autoritaire", a dénoncé lundi le département d'Etat américain.

Craignant des fraudes, les trois principaux partis d'opposition, ceux de Henrique Capriles, Leopoldo Lopez et Henry Ramos Allup, avaient refusé de présenter des candidats aux municipales.

Plus divisés et affaiblis que jamais, les adversaires du président se voient désormais privés du scrutin présidentiel, programmé pour décembre 2018 mais qui sera sans doute avancé au premier trimestre selon nombre d'analystes.

Le résultat de dimanche "complique terriblement la capacité à se battre et de mobilisation de l'opposition, ce dont le chavisme saura surement profiter", a estimé l'analyste Luis Vicente Leon.

Le chef de l'Etat va "avancer le plus possible l'élection présidentielle pour éviter que l'opposition se regroupe", a ajouté l'expert électoral Eugenio Martinez.

Le vice-président Tareck El Aissami avait annoncé il y a quelques jours que M. Maduro, élu en 2013, briguerait un second mandat l'an prochain, malgré sa faible popularité, dans un contexte de grave crise économique et de réprobation de sa gestion de la crise politique par la communauté internationale.

Le pays a été ébranlé par la chute des cours du pétrole qui le prive de liquidités, ce qui se traduit par de graves pénuries d'aliments et de médicaments, ainsi qu'une hyper-inflation, attendue à plus de 2.300% en 2018 par le FMI.

Deux ans après sa victoire historique aux législatives, où elle avait remporté pour la première fois depuis 1999 la majorité au Parlement, l'opposition se déchire entre partisans du dialogue et adeptes d'une ligne plus dure.

La coalition de la Table de l'unité démocratique (MUD), qui ne s'était pas prononcée pour l'heure sur le vote de dimanche, peine à se remettre de sa gifle électorale aux régionales d'octobre, largement remportées par le camp présidentiel malgré les accusations de fraudes.

Six mois après une vague de manifestations qui exigeaient son départ et inquiétaient la communauté internationale par leur violence (125 morts), le président Nicolas Maduro semble avoir repris le contrôle de la situation et renforcé son hégémonie sur le pays.

Selon l'analyste Luis Vicente Leon, le "principal problème" de l'opposition est son absence de leader "qui la motive, qui lui permette de se réorganiser et de faire revivre l'espoir".

Nos partenaires