Madrid appelle le président catalan à "ne rien entreprendre d'irréversible"

10/10/17 à 14:12 - Mise à jour à 14:12

Source: Afp

Le porte-parole du gouvernement espagnol a appelé mardi le président séparatiste de Catalogne Carles Puigdemont à "ne rien entreprendre d'irréversible", avant un discours qu'il doit prononcer au Parlement catalan et dans lequel il pourrait unilatéralement déclarer l'indépendance de sa région.

Madrid appelle le président catalan à "ne rien entreprendre d'irréversible"

© Reuters

"Je veux demander à M. Puigdemont qu'il n'entreprenne rien d'irréversible, qu'il n'emprunte aucun chemin sans retour, qu'il ne fasse aucune déclaration unilatérale d'indépendance et qu'il retourne à la légalité", a déclaré à la presse Inigo Mendez de Vigo.

"L'Europe a clairement dit qu'elle n'accepterait aucune déclaration d'indépendance de la Catalogne", a-t-il ajouté. Les responsables européens ont averti les dirigeants catalans qu'en cas d'indépendance, la Catalogne serait automatiquement exclue de l'Union européenne.

"Et donc, il ne faut rien faire qui n'ait au final aucun effet", a poursuivi le porte-parole du gouvernement.

M. Puigdemont doit prendre la parole à 18h00 (16h00 GMT) devant le Parlement catalan, où les indépendantistes disposent de la majorité absolue, pour évoquer les conséquences du référendum d'autodétermination illégal du 1er octobre. Le gouvernement régional affirme que le "oui" l'a emporté avec plus de 90% des voix et un taux de participation de 43%.

On ignore si Carles Puigdemont compte proclamer unilatéralement l'indépendance mardi soir, s'il envisage une "déclaration d'indépendance en différé" ou s'il se contentera d'une proclamation symbolique, évoquant l'urgence d'un dialogue et enclenchant un processus par étapes.

Le gouvernement espagnol, emmené par le conservateur Mariano Rajoy, ne cesse de répéter que le référendum est nul et non avenu et qu'une déclaration d'indépendance unilatérale qui en découlerait n'aurait aucune valeur.

M. Rajoy a aussi prévenu qu'en cas de déclaration unilatérale d'indépendance, quelle qu'elle soit, il pourrait suspendre l'autonomie de la région, une mesure qui n'a pas été appliquée dans cette monarchie parlementaire extrêmement décentralisée depuis le rétablissement de la démocratie en 1977.

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