Libye : profondes divisions entre Européens sur l'objectif de l'intervention militaire

21/03/11 à 12:27 - Mise à jour à 12:27

Source: Le Vif

Les ministres européens des Affaires étrangères se sont retrouvés lundi à Bruxelles pour évoquer l'opération militaire en Libye, qui suscite un profond malaise entre les 27.

Libye : profondes divisions entre Européens sur l'objectif de l'intervention militaire

© EPA

L'Allemagne et l'Italie ont exprimé des profondes réticences face aux bombardements de la coalition internationale, dans laquelle la France et le Royaume-Uni jouent un rôle de premier plan. La Belgique semble s'engager résolument dans le camp des pro-guerre.

"Nous avons dit très clairement depuis le début que nous ne participerions pas" à cette action de la coalition internationale, a déclaré aux journalistes le ministre allemand Guido Westerwelle en arrivant à la réunion. "Lorsque nous entendons ce que la Ligue arabe a dit hier, malheureusement nous constatons que nous avions des raisons d'être préoccupés", a-t-il ajouté.

Le secrétaire-général de la Ligue arabe Amr Moussa a en effet critiqué dimanche les bombardements de la coalition, estimant qu'ils s'écartent "du but qui est d'imposer une zone d'exclusion".

Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a lui aussi exprimé lundi des réserves très nettes. "Cela ne devrait pas être une guerre contre la Libye" mais l'application "intégrale" de la résolution de l'ONU, a-t-il déclaré. L'Italie "a accepté de prendre part à la mise en oeuvre" de la résolution votée par le Conseil de sécurité afin d'obtenir "un cessez-le-feu et de faire cesser les violences", a-t-il rappelé.

La Belgique pour une intervention militaire

La Belgique se trouve par contre résolument dans le camp des partisans de l'intervention. Le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), a parlé lundi d'une opération offensive. "On n'est pas dans une mission de soutien mais dans une opération offensive", a-t-il insisté dans Matin Première (RTBF).

Le premier ministre sortant, Yves Leterme (CD&V), a même affirmé que l'objectif était clairement de déloger le colonel Kadhafi et son régime. "Les engagements ont été très clairs au niveau international. (L'objectif) du départ de Kadhafi me semble avoir été très clairement énoncé", a-t-il déclaré sur la VRT lundi matin, en référence au consensus européen sur la nécessité d'un départ du dirigeant libyen.

Du côté français, le ministère de la Défense a déclaré lundi que l'objectif de la coalition internationale était de faire appliquer la résolution 1973 de l'ONU sur la Libye, qui "ni de près ni de loin" n'envisage l'élimination du colonel Mouammar Kadhafi. "L'objectif de la coalition est la mise en oeuvre de la résolution, c'est de protéger la population", a dit à la radio Europe 1 le porte-parole du ministère.

Les dirigeants européens ont affirmé à plusieurs reprises qu'à leurs yeux le colonel Kadhafi n'était plus un interlocuteur crédible, sans pour autant expliciter une quelconque volonté de le déloger.

Au niveau de la communauté internationale, la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 17 mars pour autoriser l'opération militaire, mentionne seulement l'objectif de protéger les populations civiles. La résolution 1970, votée fin février, invitait le procureur de la Cour pénale internationale à enquêter sur les violences perpétrées par le régime libyen.

Le Vif.be, avec Belga

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