Libye : les rebelles reculent à 100 km de Syrte

29/03/11 à 13:33 - Mise à jour à 13:33

Source: Le Vif

Le point sur la situation en Libye, ce mardi, tant sur le terrain militaire que sur le plan diplomatique.

Libye : les rebelles reculent à 100 km de Syrte

© Reuters/Andrew Winning

Où en sont les rebelles et les raids aériens?

Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi semble résister aux rebelles appuyés par les raids aériens de la coalition internationale. Ce mardi, ils se retrouvent dans la localité de Nofilia, à une centaine de kilomètres à l'est de la ville dont ils veulent s'emparer, alors que leur avancée les avait amenés à 60 km de Syrte lundi soir.

Mardi matin, ils ont donc dû reculer face aux tirs nourris à l'arme lourde et au mortier des loyalistes. Plusieurs d'entre eux ont déclaré qu'ils attendent les "tirs des avions de Sarkozy" pour reprendre l'avantage militaire et marcher sur Syrte.

Partis de leur bastion de Benghazi, dans l'est, les insurgés se sont emparés ces dernières 48 heures de plusieurs villages et terminaux pétroliers grâce aux tirs de la coalition internationale qui ont considérablement affaibli les forces du colonel Kadhafi.

Mais il n'y a plus de tirs aériens de la coalition depuis 24 heures dans l'est. La coalition internationale a poursuivi ses frappes lundi soir dans les régions de Mezda (centre), Gharyan et Sorman (ouest), ainsi que sur Tajoura, près de Tripoli, selon différentes sources. Gharyan et Mezda représentent, selon la rébellion, les bases arrières des forces de Kadhafi dans leurs offensives contre Zenten et Yefren, contrôlées par les insurgés.

Le colonel Kadhafi appelle à cesser les raids

Le dirigeant libyen a exhorté mardi la coalition internationale à cesser les frappes contre ses forces, avant la réunion à Londres du groupe de contact sur la Libye. "Stoppez votre offensive barbare et injuste contre la Libye", dit-il dans un message publié par l'agence officielle Jana.

"Laissez la Libye aux Libyens, vous êtes en train de vous livrer à une opération d'extermination d'un peuple en sécurité et de détruire un pays en développement. (...) Vous ne réalisez pas en Europe et aux Etats-unis que cette opération militaire barbare et maléfique ressemble aux campagnes de Hitler alors qu'il envahissait l'Europe et bombardait la Grande-Bretagne".

Réunion du "groupe de contact" à Londres

Une quarantaine de pays et d'organisations régionales sont attendus ce mardi dans la capitale britannique pour la première réunion du "groupe de contact" sur la Libye, chargé du "pilotage politique" de l'opération internationale dont le volet militaire est désormais sous commandement de l'Otan, et de la préparation de l'"après-Kadhafi".

"Kadhafi doit partir immédiatement", ont estimé le président français, Nicolas Sarkozy, et le Premier ministre britannique, David Cameron. Les deux dirigeants ont eu un entretien par visioconférenve avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président Obama.

Au cours de cet entretien Cameron a notamment dit qu'il espérait que la réunion de mardi "renforcerait et élargirait la coalition" internationale et que les dirigeants "discuteraient de la fourniture d'une aide humanitaire d'urgence" et "appelleraient à un processus politique qui permette au peuple libyen de décider de son avenir".

La France et le Royaume-Uni ont aussi appelé dans une déclaration conjointe le Conseil national de transition (CNT), représentant des rebelles, à "instaurer un dialogue politique national" afin d'"organiser la transition". Washington va d'ailleurs dépêcher "rapidement" un émissaire à Benghazi, fief de la rébellion libyenne, et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton rencontrera ce mardi à Londres un représentant de l'opposition.

Barack Obama rassure les Américains

La situation libyenne trouble l'opinion américaine... Dans un discours télévisé le président américain, Barack Obama, a justifié lundi soir sa décision d'intervenir en Libye, affirmant qu'elle avait "empêché un massacre", et affirmant le droit des Etats-Unis à agir "quand leurs intérêts et leurs valeurs sont menacés". Le tout en évitant de prononcer le mot "guerre" en 28 minutes de discours, comme le note notre correspondant sur son blog.

Barack Obama s'est voulu clair: si le but est de se débarrasser du colonel Kadhafi, il n'est pas question de le déposer par les armes car ce "serait une erreur". "Si nous essayons de renverser Kadhafi par la force, la coalition va voler en éclats", a-t-il expliqué, sans évoquer les moyens "non militaires" pour aboutir à un changement de régime.

La mission dévolue par le Conseil de sécurité prévoit l'usage de "tous les moyens nécessaires", à l'exception de l'occupation du pays, pour "protéger les populations civiles" et non pas pour changer le régime. Exil ou justice internationale pour Kadhafi? Mouammar Kadhafi doit faire face à la justice internationale, a estimé mardi le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, sans exclure qu'il cherche refuge à l'étranger dans le cadre d'une solution politique au conflit. "Nous voulons qu'il s'en aille, qu'il quitte le pouvoir", a déclaré Hague à la radio BBC 4. Mais "nous ne contrôlons pas l'endroit où il pourrait aller", a-t-il ajouté. "Bien entendu, je crois qu'il devrait faire face à la Cour pénale internationale (CPI, dont le siège est à La Haye) mais là où il va, s'il s'en va, dépend de lui", a répondu le chef de la diplomatie.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait annoncé le 3 mars l'ouverture d'une enquête pour crimes contre l'humanité en Libye visant notamment le colonel Kadhafi et ses fils. Mais un exil du dirigeant libyen reste "juridiquement" une possibilité, étant donné qu'il n'est "pas encore" accusé ou recherché par la CPI, a déclaré mardi la ministre espagnole des Affaires étrangères dans une interview au journal El Pais.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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