Libye : la première phase des frappes serait "un succès"

21/03/11 à 07:31 - Mise à jour à 07:31

Source: Le Vif

L'état-major américain affirme que l'intervention militaire en Libye se déroule sans accroc. La coalition va désormais essayer de couper le ravitaillement des troupes de Kadhafi.

Libye : la première phase des frappes serait "un succès"

© EPA

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a promis une "longue guerre" dimanche après d'intenses bombardements occidentaux visant ses forces.

La première phase de frappes menées s'est soldée par "un succès", permettant d'instaurer une zone d'exclusion aérienne, selon le plus haut gradé américain, l'amiral Michael Mullen, qui assure que les pro-Kadhafi n'avancent plus vers Benghazi, fief rebelle pris d'assaut samedi.

La prochaine étape de l'offensive consistera à couper les lignes de ravitaillement des forces régulières. L'amiral a assuré que l'objectif était de "protéger les civils" et non de "chasser Kadhafi du pouvoir".

Le colonel Kadhafi, plus combatif que jamais, a promis aux "croisés" une "longue guerre", affirmant que tous les Libyens étaient "prêts à mourir en martyrs".

Dans la nuit de samedi à dimanche, Washington et Londres ont lancé plus de 110 missiles de croisière Tomahawk contre une vingtaine d'objectifs sur la côte méditerranéenne.

Des raids aériens ont aussi eu lieu dimanche, détruisant notamment des dizaines de véhicules militaires des forces de Kadhafi près de Benghazi.

En fin de journée, quatre avions du Qatar ont été déployés dans le ciel libyen, devenant le premier pays arabe à participer aux opérations de la coalition.

Après des semaines d'hésitations, forte d'un mandat de l'ONU, la coalition est intervenue samedi pour stopper la répression de la révolte lancée le 15 février contre le régime libyen. Mais ces frappes ne font pas l'unanimité.

Moscou, qui s'était abstenu lors du vote à l'ONU, a dénoncé des frappes "non-sélectives" faisant des victimes civiles. Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui avait milité pour une zone d'exclusion aérienne, s'est aussi montré critique: "nous voulons c'est la protection des civils et pas le bombardement d'autres civils".

Il n'y a "pas d'indication" de victimes civiles a pourtant assuré dimanche l'amiral américain William Gortney, au cours d'un point de presse au Pentagone.

Un nouveau cessez-le-feu

Le régime du colonel Mouammar Kadhafi a annoncé un cessez-le-feu à partir de dimanche 19H00 GMT, en réponse à l'appel lancé samedi par l'Union africaine à "la cessation immédiate des hostilités", a déclaré un porte-parole de l'armée. Mais il a été "immédiatement violé" par ses forces, a affirmé le conseiller du président Barack Obama pour la sécurité nationale, Tom Donilon.

Un bâtiment du complexe résidentiel de Kadhafi détruit

Un bâtiment administratif situé dans le complexe résidentiel du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à Bab el-Aziziya, à Tripoli, a été totalement détruit par un tir de missile.

Ce bâtiment a été détruit parce qu'il abritait un centre de "commandement et de contrôle" des forces libyennes, a affirmé un responsable militaire de la coalition. "Dans le cadre de la résolution 1973, nous continuons de viser les cibles qui posent une menace directe pour le peuple libyen et qui gênent la mise en place de la zone d'exclusion aérienne", a ajouté ce responsable sous couvert de l'anonymat.

Le bâtiment en question est situé à une cinquantaine de mètres de la tente où le colonel recevait en général ses invités de marque.

De fortes explosions avaient été auparavant entendues dans la soirée à Tripoli, dont l'une dans la zone de la résidence de Mouammar Kadhafi. Une colonne de fumée s'élevait du secteur de la résidence-caserne de Bab el-Aziziya, dans le sud de la capitale libyenne, alors que des tirs de batteries antiaériennes retentissaient.

Un haut responsable du Pentagone a affirmé dimanche lors d'une conférence de presse que le colonel Kadhafi n'était pas personnellement visé par les frappes de la coalition.

"Je peux garantir qu'il ne figure pas sur la liste des cibles. Nous ne visons pas sa résidence", avait déclaré ce haut responsable, le vice-amiral Bill Gortney.

Le vif.be, avec Belga et L'Express.fr

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