Libye : l'ONU se prépare à voter, l'Europe hésite et "dégoûte"

17/03/11 à 12:29 - Mise à jour à 12:29

Source: Le Vif

Alors que les forces pro-Kadhafi foncent vers Benghazi , le Conseil de sécurité de l'ONU se prépare à voter un projet de résolution qui prévoit une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Libye : l'ONU se prépare à voter, l'Europe hésite et "dégoûte"

© Belga

Comme l'indique le journal des Nations Unies, le Conseil de sécurité va se réunir ce soir, à partir de 15 h (heure de New York) pour voter l'application de la résolution 1970 concernant la Libye.

Le texte pouvant toujours être modifié, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a estimé que le Conseil de sécurité devrait envisager d'aller au-delà d'une simple zone d'exclusion aérienne.

Cette décision va tomber dans un moment de haute tension pour la Libye et la communauté internationale. Les troupes de Mouammar Kadhafi, déterminé à écraser la révolte dans le sang, ont continué à pilonner les insurgés, hier, à l'ouest et à l'est de la Libye. Les prévisions pour les prochaines heures ne sont pas rassurantes : l'un des fils de Kadhafi, Seif al-Islam, a promis que les rebelles seront complètement éradiqués "dans 48 heures".

Vers la fin de la guerre civile ?
Le colonel Kadhafi envisage un aboutissement de la guerre civile aujourd'hui même. Hier soir, il a annoncé que ses forces allaient livrer aujourd'hui une "bataille décisive" pour conquérir Misrata, troisième ville du pays, à 150 km à l'est de Tripoli. Si c'était le cas, Benghazi, dernier fief des insurgés, se préparerait à tomber.

Les combats d'hier auraient été "terrifiants", d'après des témoignages. L'ambassadeur adjoint libyen à l'ONU, Ibrahim Dabbachi, avait prévenu les Nations Unies sur la forte probabilité d'un "vrai génocide" en Libye. Pour rappel, Dabbachi avait fait défection au régime, invoquant l'aide de la communauté internationale qui tergiversait depuis plusieurs jours.

Déception au rendez-vous au Parlement européen, Verhofstadt "dégoûté"
Le 11 mars, les Chefs d'Etat de l'UE avaient déjà exprimé leur volonté de voir le colonel Kadhafi quitter le pouvoir, mais ils n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur une intervention européenne.

La France et la Grande-Bretagne, soit les deux pays partisans d'une intervention (qui pour l'instant consisterait en une interdiction de survol) s'indignent devant une Europe qui ne se montre pas à la hauteur de la situation. Lors de la session d'hier, les chefs de file des groupes des élus libéraux et verts et plusieurs députés européens, ont dénoncé la passivité de l'UE.

"Si Kadhafi prend Benghazi, ce sera un véritable massacre" s'est indigné Guy Verhofstadt, l'ancien Premier ministre belge et président du groupe libéral. "L'Union envoie des missions d'informations à Tripoli et nous refusons d'aider le peuple libyen à faire sa révolution démocratique" a-t-il ajouté, déclarant ensuite que "l'attitude de l'UE me dégoûte et me rend malade" et évoquant "une nouvelle page noire de l'UE".

Angela Merkel a répété hier que l'Allemagne ne soutient pas le projet de zone d'exclusion aérienne contre l'aviation libyenne, refusant d'être entraînée "dans une guerre en Libye". L'Italie, soit le principal partenaire économique de la Libye en Europe, est également hostile à une intervention.

Le Conseil national de transition de Benghazi n'est toujours pas officiellement reconnu par l'Union européenne. Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy s'est retrouvé, hier, totalement isolé.


LeVif.be avec Belga

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