Libye : Human Rights Watch ouvre une enquête sur les victimes de l'OTAN

14/05/12 à 14:56 - Mise à jour à 14:56

Source: Le Vif

Entre mars et octobre 2011, les opérations de l'OTAN en Libye ont provoqué la mort de 72 civils. L'OTAN n'ayant toujours pas reconnu les faits, Human Rights Watch a ouvert une enquête. L'OTAN devra indemniser les victimes.

Libye : Human Rights Watch ouvre une enquête sur les victimes de l'OTAN

© Reuters

En 2011, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) a effectué une campagne militaire en Libye. En tout, huit raids ont été ordonnés sur des lieux stratégiques en Libye. Dans un rapport publié aujourd'hui, Human Rights Watch dénonce la possible illégalité de certains de ces raids. De plus, l'OTAN n'a toujours pas reconnu avoir tué des civils lors de ces opérations. Parmi les 72 victimes, il y a 20 femmes et 24 enfants.

Pendant et après le conflit, Human Rights Watch (HRW) a fait une enquête de terrain sur les sites bombardés par l'OTAN, en incluant des entretiens avec des témoins et des habitants. "L'OTAN a pris d'importantes précautions afin de minimiser le nombre des victimes civiles pendant sa campagne de Libye, mais il est nécessaire que des informations soient données et que des enquêtes soient menées pour expliquer pourquoi 72 civils ont été tués", a déclaré Fred Abrahams, conseiller spécial à Human Rights Watch et auteur principal du rapport. "Seules les attaques sur des cibles militaires sont permises par le droit international et dans certains cas, de graves questions restent posées sur la nature réelle des cibles que l'OTAN visait."

Sept bombardements sans cible précise

Selon Human Rights Watch, sept des huit sites ont été bombardés par l'OTAN sans cible militaire précise. Cette observation suscite une grande inquiétude quant à la possibilité que les lois de la guerre aient été violées. Cette question doit faire l'objet d'une enquête.

Selon les lois de la guerre, les alliés ne peuvent viser que des objectifs militaires et doivent prendre toutes les précautions possibles pour minimiser les dommages infligés aux civils. Même si l'existence de victimes civiles ne signifie pas nécessairement que les lois de la guerre ont été violées, les gouvernements ont l'obligation d'enquêter sur les allégations de graves violations et d'indemniser les victimes d'attaques illicites.

HRW a appelé l'OTAN à enquêter sur les attaques qui auraient pu être illégales et à envoyer un rapport des résultats de ses investigations au Conseil de Sécurité, l'institution qui avait autorisé l'intervention. Ensuite, l'OTAN devra indemniser les victimes de ses attaques illicites.

Human Rights Watch a affirmé que la question des victimes civiles des raids aériens de l'OTAN en Libye serait abordée lors du sommet des États membres, qui se tiendra à Chicago les 20 et 21 mai.

De Crem se dit prêt à participer

Le ministre De Crem (CD&V) s'est dit prêt à participer à une enquête à ce sujet comme le demande HRW. Il a précisé que des mesures avaient été prises pour éviter au maximum de toucher des civils. "Chaque victime est certes une victime de trop. Si certaines choses n'ont pas bien fonctionné, nous voulons pouvoir en tirer les leçons".

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