Les USA agissent en agents commerciaux et favorisent Boeing

03/01/11 à 12:50 - Mise à jour à 12:49

Source: Le Vif

Pour décrocher un contrat de vente d'avions avec Barhein, en 2007, les Américains de Boeing et les Français d'Airbus se sont livrés à une lutte concurrentielle acharnée. Pour mettre toutes les chances de son côté, l'administration Bush n'a pas hésité à intervenir à plusieurs reprises, révèlent des télégrammes diplomatiques obtenus par Wikileaks et publiés par le New York times ce lundi.

Les USA agissent en agents commerciaux et favorisent Boeing

© Epa

En janvier 2008, George W. Bush s'est rendu lui-même à Barhein afin de sceller le contrat amorcé entre les autorités de cet émirat et la diplomatie américaine. Une grande première pour un président américain en exercice. "C'est la réalité de ce 21e siècle, les gouvernements interviennent de plus en plus pour soutenir leurs entreprises et nous devons faire la même chose", a déclaré Robert Hormats, sous-secrétaire d'Etat pour les affaires économiques au NY Times.

Un de ces câbles relate également l'intervention du département d'Etat américain pour que Boeing accède à la demande du roi d'Arabie Saoudite Abdullah d'avoir sur son avion la même technologie que l'avion présidentiel américain Air Force One. Interrogé par le NY Times, le département d'Etat a confirmé être intervenu pour "autoriser" cet aménagement dont dépendait la signature d'un gros contrat. En novembre 2006, la compagnie publique saoudienne avait finalement signé un contrat pour 12 Boeing 777-300ER pour un montant de 3,3 milliards de dollars.

Des exigences liées au contrat

Un autre câble révèle que le Premier Ministre du Bangladesh Sheikh Hasina a exigé un droit d'atterrissage à l'aéroport JF Kennedy. Sans quoi elle ne verrait pas l'utilité d'un Boeing. Le Times précise cependant que le contrat s'est clôturé sans l'octroi de ce droit.

Cette tentative d'échange est le témoin des logiques commerciales en vigueur.Ces pratiques se sont poursuivies malgré des accords tacites selon lesquels les dirigeants européens et américains doivent s'abstenir de se mêler des contrats aériens.

Le Vif.be, avec Belga

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