Les Suisses vont-ils durcir les règles sur l'immigration et supprimer les forfaits fiscaux ?

30/11/14 à 10:05 - Mise à jour à 13:28

Source: Belga

Les électeurs suisses donnent dimanche leur avis sur plusieurs initiatives populaires, notamment durcir encore les règles sur l'immigration cette fois au nom de l'environnement et supprimer ou non les forfaits fiscaux pour les riches étrangers.

Les Suisses vont-ils durcir les règles sur l'immigration et supprimer les forfaits fiscaux ?

© Reuters

Ils doivent aussi se prononcer pour "sauver l'or de la Suisse" en obligeant la BNS, la Banque Nationale, à conserver un minimum de 20% de ses avoirs sous forme d'or, alors que son stock correspond aujourd'hui à 7% de ses avoirs.

Dans les trois cas les sondages prévoient un échec des initiatives mais la classe politique n'exclut pas une "surprise" sur l'immigration, à la faveur de l'anonymat du bulletin de vote. Les électeurs sont peu enclins en effet à se réclamer d'une démarche lancée en dehors de partis au nom de la défense des ressources naturelles et régulièrement dénoncée par la classe politique, les milieux économiques et les syndicats comme "xénophobe et raciste".

Les électeurs sont appelés dans une votation à dire "halte à la surpopulation" par Écologie et population (Ecopop), une organisation qui se décrit comme "non partisane" et qui veut limiter le solde migratoire annuel du pays à 0,2% de la population (environ 16.000 personnes). Elle exige aussi que la Suisse consacre 10% de ses fonds d'aide au développement à des mesures de contrôle des naissances dans les pays du sud.

1,1 mètre carré betonné par seconde

"Au rythme où on bétonne le paysage actuellement, à 1,1 mètre carré par seconde, en 2050 si on ne fait rien on aura entièrement bétonné" toutes les régions non montagneuses de la Suisse, affirme Anita Messere, membre du comité Ecopop.

Il se heurte à un front du refus venant de tous les milieux. Même la droite populiste de l'UDC, qui avait porté avec un succès plutôt inattendu le vote anti-immigration du 9 février, trouve l'initiative excessive. Tous font valoir que le fonctionnement de l'économie, dont certains secteurs comme la santé comptent un tiers d'employés étrangers, ne serait plus assuré normalement et surtout elle ne pourrait plus se développer.

"Nous soutenons le peuple suisse dans ses votations contre l'immigration de masse intra-européenne", a déclaré samedi au journal suisse Le Temps Marine Le Pen, la présidente du FN, le Front National, le parti d'extrême droite français à l'occasion de son congrès à Lyon.

"La question des frontières, que les votations suisses soulèvent en permanence, sera au centre de mon propos. Le Front National est opposé à l'espace Schengen et à la libre circulation", a-t-elle dit.

"Non à l'immigration de masse"

La Suisse n'est pas membre de l'Union européenne mais a adhéré à l'espace Schengen et applique encore pour le moment la libre circulation. Avec le "non à l'immigration de masse" de février, le gouvernement a maintenant trois ans pour sauver les accords économiques avec l'UE, que cette dernière menace de casser en cas d'abandon de la libre circulation.

Le scrutin sur les forfaits fiscaux, combattus au nom de "l'équité" par la gauche, concerne 5.729 millionnaires étrangers qui préfèrent payer un total d'un milliard de francs suisses (830 millions d'euros) d'impôts négociés en Suisse plutôt que les taxes dans leur pays.

Les adversaires de l'initiative, notamment une majorité d'élus des cantons, font valoir que le départ de ces étrangers priverait les caisses d'importantes recettes qu'il faudrait compenser en diminuant les dépenses ou en augmentant les impôts de tous, un argument qui porte selon les sondages. Le vote, souvent par correspondance, sera clos à midi (11H00 GMT) et les résultats seront connus dans l'après-midi.

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