Les Occidentaux menacent Moscou de sanctions face à la "folie" en Ukraine

25/04/14 à 17:40 - Mise à jour à 17:40

Source: Le Vif

Les Occidentaux ont menacé vendredi d'introduire de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée par Kiev de vouloir lancer "une troisième guerre mondiale" en soutenant les séparatistes de l'Est de l'Ukraine, où les tensions s'exacerbent.

Les Occidentaux menacent Moscou de sanctions face à la "folie" en Ukraine

© Reuters

"Il n'y a pas beaucoup de temps pour mettre fin à cette folie", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, lors d'une conférence de presse à Tunis avec son homologue français Laurent Fabius. Les dirigeants américain Barack Obama, français François Hollande, allemand Angela Merkel, britannique David Cameron et italien Matteo Renzi, ont "évoqué" lors d'une conférence téléphonique la possibilité de nouvelles sanctions contre Moscou. Ils ont sommé la Russie de s'abstenir de "déclarations provocatrices ou de manoeuvres d'intimidation", selon la présidence française. Plus rien ne semble arrêter la confrontation entre Moscou et les Occidentaux tandis que la tension se fait chaque jour plus vive dans l'Est entre Kiev et les séparatistes. Visé par un lance-roquette, un hélicoptère de l'armée a explosé alors qu'il stationnait à l'aéroport de Kramatorsk et son pilote a été blessé, ont indiqué les autorités ukrainiennes. A quelques kilomètres de là, le bastion pro-russe de Slaviansk vit en quasi état de siège après l'assaut, bref et meurtrier lancé par les blindés ukrainiens. Un journaliste de l'AFP a vu des militaires lourdement armés monter un poste de contrôle à 30 kilomètres de la ville tandis que des témoins ont observé des mouvements de blindés à l'ouest. La présidence ukrainienne a expliqué vouloir "bloquer Slaviansk" afin d'empêcher les pro-russes d'envoyer des renforts. Pas question en revanche de lancer un nouvel assaut qui risque de faire des victimes civiles. "Nous ne rendrons pas la ville", a répliqué le leader des insurgés de Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev. "Nous sommes prêts à la défendre". Mme Merkel a appelé le président russe Vladimir Poutine pour lui faire part de "sa grande inquiétude". Elle avait ensuite annoncé une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE "aussi rapidement que possible" pour étudier de nouvelles sanctions. La Russie n'est visée pour l'instant que par des sanctions américaines et européennes visant de hauts responsables, mais la crainte de mesures de rétorsion contre son économie, déjà affaiblie, a entraîné de massives fuites de capitaux. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a répliqué en accusant les Occidentaux de "vouloir s'emparer de l'Ukraine" pour servir "leurs ambitions géopolitiques et non les intérêts du peuple ukrainien". A Kiev, les autorités de transition pro-occidentales ont lancé un appel à l'aide à la communauté internationale face aux agissements de Moscou, accusée de soutenir activement les rebelles voire d'avoir envoyé des agents alors que des hommes lourdement armés, très professionnels, en cagoule et treillis sans insigne patrouillent à Slaviansk. "La Russie veut lancer une troisième guerre mondiale", a accusé le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk. Moscou, qui a brandi cette semaine la menace d'une intervention militaire pour défendre ses intérêts et ceux de la population d'origine russe, a lancé des manoeuvres impliquant notamment son aviation le long de la frontière ukrainienne. Vladimir Poutine a prévenu jeudi que les opérations lancées par Kiev contre les séparatistes auraient "des conséquences". Les autorités ukrainiennes pro-occidentales estiment de leur côté que la Russie prépare une invasion ou veut du moins déstabiliser la situation politique avant la présidentielle anticipée du 25 mai.

A un mois du scrutin, sa tenue semble très périlleuse dans les conditions actuelles et les séparatistes comptent de leur côté organiser un référendum le 11 mai pour couper les ponts avec Kiev, voire rejoindre la Russie.

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