Les nouvelles techniques de la mafia : moins de meurtres, plus de corruption

15/12/15 à 16:08 - Mise à jour à 16:08

Source: Afp

Les mafias traditionnelles italiennes privilégient désormais la corruption à la violence, en se concentrant sur une "stratégie d'infiltration" des milieux économiques, politiques et institutionnels, a analysé mardi le chef de la Direction investigatrice antimafia (DIA), Nunzio Antonio Ferla.

Les nouvelles techniques de la mafia : moins de meurtres, plus de corruption

© Reuters

Les homicides perpétrés par les organisations criminelles sont en "très net déclin depuis 10/15 ans" mais les mafias se révèlent "extraordinairement habiles à s'adapter à tous les territoires et à tous les milieux sociaux", où elles cherchent toujours plus à "accumuler des capitaux", a expliqué M. Ferla lors d'une conférence de presse. Selon l'Institut national des statistiques (Istat), les activités illégales ont généré un chiffre d'affaires d'environ 16,5 milliards d'euros en 2013, soit quelque 1,1% du PIB italien.

Pour contrer un "ennemi aussi puissant et mutant", la DIA s'est concentrée cette année sur "le contrôle des appels d'offre, la lutte contre le blanchiment d'argent et l'attaque contre les patrimoines illicites". Au total, les biens saisis à la mafia se montent à plus de 2,6 milliards d'euros en 2015, et les confiscations définitives à plus de 500 millions. Les chantiers de l'Exposition universelle de Milan ont été particulièrement surveillés, conduisant à l'instauration d'une "méthode" permettant "d'éloigner les appétits des entreprises mafieuses" de futurs grands chantiers, a assuré le vice-directeur de la Police nationale, Matteo Piantedosi.

Pour le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano, le "modèle italien" se résume à un "trinôme essentiel" : arrestation des criminels en fuite, durcissement de leurs conditions de détention et confiscation de leurs biens. "Les mafias tuent moins mais corrompent plus", a confirmé la présidente de la commission parlementaire antimafia, Rosy Bindi, en se demandant cependant s'il fallait y voir "une preuve de leur habilité ou de la fragilité" d'une société durement touchée par la crise.

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