Les membres d'Al-Qaïda arrêtés en Italie prévoyaient-ils un attentat contre le Pape ?

24/04/15 à 12:10 - Mise à jour à 15:01

Source: Belga

La police italienne a annoncé vendredi avoir démantelé un réseau islamiste basé en Sardaigne et ordonné l'arrestation de 18 personnes, dont deux anciens gardes du corps de Ben Laden, qui avaient évoqué un projet d'attentat contre le pape en 2010.

Les membres d'Al-Qaïda arrêtés en Italie prévoyaient-ils un attentat contre le Pape ?

Matteo Renzi © Belga

"Il n'y a aucune preuve, mais une forte présomption", a indiqué à la presse Mario Carta, responsable des services de renseignement à Cagliari en Sardaigne. Ce dernier a précisé que des écoutes téléphoniques avaient conduit les enquêteurs à prendre au sérieux ce projet d'attentat sur la base de conversations évoquant la "via della Conciliazione", la principale rue qui conduit au Vatican, et en raison de propos "ironiques" tenus sur le pape. "Le djihad part d'Italie", aurait notamment dit un de ces suspects sous écoute.

Ces 18 personnes, accusées notamment d'avoir participé à des activités terroristes au Pakistan et dont sept ont été arrêtées à Gallura, en Sardaigne, sont accusées d'appartenance à "une organisation dédiée aux activités criminelles transnationales s'inspirant d'Al-Qaïda et à d'autres organisations radicales prônant la lutte armée contre l'Occident et l'insurrection contre l'actuel gouvernement du Pakistan", selon le mandat d'arrêt lancé contre elles. Parmi eux, se trouvaient deux anciens gardes du corps de l'ex-chef et fondateur d'Al-Qaïda tué en 2011 au Pakistan, Oussama Ben Laden, selon les enquêteurs. Le principal suspect est un commerçant de longue date résidant à Olbia dans le nord de l'île de Sardaigne, Khan Sultan Wali, arrêté jeudi soir. Certains de ces islamistes sont également accusés d'avoir planifié, financé et même participé à des actes terroristes au Pakistan, dont l'attentat sur le marché Meena Bazar de Peshawar en octobre 2009 qui avait fait plus de 100 morts. Ils sont aussi soupçonnés d'être impliqués dans un trafic d'immigrants clandestins, et auraient fait passer illégalement, dans certains cas, des Afghans et des Pakistanais de l'Italie vers des pays d'Europe du Nord.

C'est d'ailleurs sous cette accusation que l'enquête avait démarré en 2009, a précisé le procureur de Cagliari, Mauro Mura. L'organisation aurait eu en Italie comme chef principal un imam, du mouvement "Tabligh Eddawa", installé en Lombardie (nord), qui se servait de son autorité religieuse et de son prestige pour récolter des fonds. Ce réseau, selon les enquêteurs, disposait "d'armes en abondance" et "de nombreux affiliés prêts à mener des actes terroristes au Pakistan et en Afghanistan, avant de se replier ensuite en Italie". Les membres du réseau avaient pu s'implanter en Italie grâce à des entrepreneurs complices qui leur fournissaient des contrats de travail, ou en présentant des demandes d'asile grâce à de faux certificats assurant qu'ils avaient été persécutés.

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