Les forces irakiennes repoussent une offensive de l'EI près de Bagdad

28/09/14 à 11:32 - Mise à jour à 16:13

Source: Belga

Les forces pro-gouvernementales irakiennes appuyées par des raids aériens ont repoussé dimanche une attaque des djihadistes du groupe Etat islamique contre la localité d'Amriyat al-Fallouja, à une quarantaine de kilomètre à l'ouest de Bagdad, selon des sources de sécurité.

Les forces irakiennes repoussent une offensive de l'EI près de Bagdad

Des soldats irakiens © Reuters

Aux alentours de 01H00 locales (00H00 HB), les combattants de l'EI ont lancé une attaque "sur deux fronts" et "les combats ont duré cinq heures", a affirmé à l'AFP le responsable de la police locale, Aref al-Janabi, en précisant que des membres de tribus sunnites s'étaient joints aux soldats et policiers pour défendre la ville. "L'aviation est intervenue et a tué quinze" combattants djihadistes, a-t-il assuré.

Le chef militaire de l'EI dans la ville voisine de Fallouja, qu'il a désigné sous le nom de Moullah Jassem Mohammad Hamad, a péri au cours de l'offensive, selon lui. Ce décès a été confirmé par un officier des renseignements dans la province d'Al-Anbar, où se situe Amriyat al-Fallouja.

Il n'était pas possible dimanche de connaître quels avions étaient intervenus, la France et les Etats-Unis ayant mené ces derniers jours des frappes aériennes sur des secteurs à l'ouest de la capitale irakienne.

Par ailleurs, les chasseurs-bombardiers Tornado de la Royal Air Force (RAF) effectuent désormais "quotidiennement" des missions en Irak et se tiennent prêts à intervenir contre le groupe Etat islamique (EI), a assuré dimanche le ministre de la Défense britannique, Michael Fallon.

Les frappes aériennes américaines sur le nord-ouest de la Syrie ont, quant à elles, fait au moins sept morts parmi les civils, a déploré l'organisation Human Rights Watch (HRW) appelant à l'ouverture d'une enquête sur une éventuelle violation du droit de la guerre.

"La coalition veut détruire l'économie de l'EI, le nerf de la guerre"

Des frappes de la coalition dirigée par Washington ont également détruit ce dimanche trois raffineries de pétrole sous le contrôle de l'organisation Etat islamique dans le nord de la Syrie à la frontière avec la Turquie, rapporte une ONG.

La coalition avait déjà détruit au moins 12 raffineries contrôlées par ce groupe extrémiste entre jeudi et vendredi dans la province pétrolière de Deir Ezzor (est), dominée en très grande partie par l'EI. "Au moins trois raffineries artisanales sous le contrôle de l'EI ont été détruites dans la région de Tall Abyad dans la nuit de samedi à dimanche", rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Une quatrième a été touchée", a précisé l'ONG sans être en mesure de préciser les dommages. Tall Abyad est située à la frontière avec la Turquie et au nord de la ville de Raqa, principal bastion du groupe djihadiste visé depuis le 23 septembre par des frappes des Etats-Unis et de ses alliés arabes.

"L'EI raffinait du pétrole de manière artisanale et le vendait à des commerçants turcs", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. "La coalition veut ainsi détruire l'économie de l'EI, le nerf de la guerre", précise-t-il.

Des experts estiment que l'EI contrôle sept champs pétroliers et deux raffineries dans le nord de l'Irak et six des dix champs en Syrie, notamment dans la région de Deir Ezzor. Depuis le début des frappes, le pompage dans les champs sous le contrôle du groupe a pratiquement cessé.

Le chef du groupe Khorassan aurait été tué

Par ailleurs, des tweets envoyés par un djihadiste semblent confirmer que le chef présumé du groupe Khorassan, cible de frappes aériennes américaines en Syrie, aurait été tué, a annoncé samedi SITE, le centre américain de surveillance des sites islamistes.

Selon SITE, un djihadiste, qui a auparavant combattu au sein du groupe Khorassan, a diffusé sur Twitter une série de messages dans lesquels il présente ses condoléances pour la mort de Muhsin al-Fadhli, membre de longue date du réseau Al-Qaïda et chef présumé de Khorassan, et pour celle de Abu Yusuf al-Turki, un autre leader du groupe. Ces tweets semblent apporter la confirmation que Fadhli a été tué lors de frappes aériennes des Etats-Unis.

SITE indique en outre que dans ses tweets datés du samedi 27 septembre, le djihadiste déplore la situation sur le terrain en Syrie, où les forces de la coalition internationale menée par les Etats-Unis effectuent de nombreuses frappes.

Les avions et les missiles de croisière américains frappent des objectifs de l'organisation Etat islamique (EI) ainsi que de Khorassan, un groupe qui encore récemment était inconnu et dont Washington affirme qu'il s'apprêtait à lancer "des attaques majeures" aux Etats-Unis et en Europe.

Washington, qui depuis le 23 septembre attaque des objectifs de l'EI en Irak, a étendu la semaine dernière ses frappes au territoire syrien.

Des experts se montrent très sceptiques sur la nature réelle du groupe appelé Khorassan, dont le nom n'est apparu que très récemment, et considèrent qu'il s'agit en fait des djihadistes du Front al-Nosra.

Selon ces experts, Washington, en mettant en avant Khorassan et en déclarant que ce groupe comptait commettre des attentats aux Etats-Unis, a voulu montrer que ce n'était pas seulement la Syrie ou le Moyen-Orient qui étaient en péril mais bien les Américains eux-mêmes si l'aviation américaine n'intervenait pas.

"En Syrie, personne n'a jamais entendu parlé de Khorassan, sauf lorsque les médias américains l'ont évoqué récemment", a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition syrienne.

En savoir plus sur:

Nos partenaires