Les Européens de Londres face au Brexit...

14/02/16 à 11:11 - Mise à jour à 11:11

Source: Afp

Face à un possible Brexit, les citoyens européens exilés à Londres hésitent entre la "déprime", la crainte d'être "boutés hors" du Royaume-Uni et la résignation face à un débat dans lequel ils n'auront pas leur mot à dire.

Les Européens de Londres face au Brexit...

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Si les Britanniques votent pour sortir de l'Union européenne lors du référendum organisé d'ici fin 2017, les trois millions d'Européens vivant au Royaume-Uni seront en première ligne. Faudra-t-il un visa ? Un permis de travail ? Subir la préférence nationale ? Un enfer bureaucratique ? Gagner un nombre de points ou un salaire plancher pour rester ? Plier bagage ? Personne n'en sait rien et il est d'autant plus difficile de deviner les éventuelles conséquences que le gouvernement assure ne pas étudier le scénario d'un Brexit.

Du coup, "c'est surtout l'incertitude qui règne", souligne Roch Glowacki, citoyen polonais et avocat stagiaire de 24 ans. Arrivé en tant qu'étudiant en 2010, il voit son avenir au Royaume-Uni. Mais il est "inquiet". "Je ne pense pas qu'on me jetterait dehors mais à terme cela pourrait précipiter mon départ, forcé ou choisi", dit Roch. Pour se protéger, il réfléchit sérieusement à prendre la nationalité britannique, une possibilité offerte après cinq ans de séjour, malgré un durcissement de la procédure.

Chercheur en neurosciences à l'University College London, l'Allemand Samuel Schwarzkopf y "pense aussi, d'abord pour pouvoir voter au référendum". "Je ne suis pas trop inquiet pour ma situation personnelle mais j'ai peur de l'impact négatif sur mon travail ainsi que sur mes étudiants et collègues", dit-il. S'il hésite encore, c'est notamment à cause du coût: 1.005 livres (1.350 euros).

"Moi je pense que je devrais partir", souligne Anna Gat, scénariste hongroise de 32 ans qui trouve ce référendum "déprimant". "A moins d'avoir un patron qui s'occupe de mon visa, ça deviendrait très compliqué. Quitte à se noyer dans la paperasse, autant aller aux États-Unis".

Augmentation des demandes de naturalisations

Épiphénomène ou tendance lourde ? En 2013, les demandes de naturalisations ont connu un bond sensible. Mais elles ont reculé en 2014. "La hausse était due en partie à la première vague des Européens de l'Est venus après 2004 qui n'étaient pas éligibles jusque-là. Mais on n'observe aucun mouvement de fond", assure Madeleine Sumption, directrice de l'Observatoire des migrations à l'Université d'Oxford.

Anna Morris, qui dirige un cabinet d'avocats spécialisé dans les dossiers de naturalisations, est pourtant formelle: "depuis Noël c'est la folie, le téléphone n'arrête pas de sonner. On sent une vraie inquiétude".

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