Les Etats-Unis et la France se retirent d'Afghanistan

23/06/11 à 11:18 - Mise à jour à 11:18

Source: Le Vif

Barack Obama a annoncé mercredi le retrait progressif des troupes d'Afghanistan plus vite que prévu. La France suivra ce calendrier.

Les Etats-Unis et la France se retirent d'Afghanistan

© Reuters/Bob Strong

Barack Obama a annoncé ce mercredi le retrait d'ici à l'été 2012 du tiers des forces américaines stationnées en Afghanistan, soit 33.000 hommes, décision qu'il a justifiée par les revers infligés à Al-Qaïda dix ans après l'invasion du pays dans la foulée du 11-Septembre. Lors d'un discours solennel de 13 minutes depuis la Maison Blanche, le président des Etats-Unis a en outre ordonné le rapatriement dès cette année de 10.000 des quelque 99.000 soldats américains actuellement sur place.

Al Qaïda "souffre énormément"

"Nous sommes au début -mais pas à la fin- de nos efforts pour terminer cette guerre", a déclaré Brack Obama, près de deux mois après l'élimination au Pakistan d'Oussama Ben Laden, basé en Afghanistan pour préparer les attentats du 11-Septembre. Les documents récupérés dans la villa où a été abattu Ben Laden montrent qu'Al-Qaïda "souffre énormément" et est "incapable de remplacer efficacement" les hauts dirigeants du réseau éliminés, a affirmé le président, selon qui "plus de la moitié" de ces chefs ont été tués. Le président a donc opté pour un début de retrait plus rapide que celui préconisé par ses commandants militaires. Toutefois plus de 65.000 soldats américains se maintiendront en Afghanistan.

Un retrait populaire aux Etats-Unis

Un sondage publié mardi affirmait que 56% des Américains étaient en faveur d'un retrait d'Afghanistan "aussitôt que possible". En outre, en période de fort déficit budgétaire, de plus en plus de voix s'élèvent au Congrès pour demander la fin des opérations dans le pays, dont le coût est évalué à environ 10 milliards de dollars par mois. M. Obama a pris acte de ces opinions en remarquant qu'"il est temps de nous concentrer sur les investissements dans notre propre pays". Cet argumentaire a séduit la plupart des démocrates du Congrès, le chef de la majorité au Sénat, Harry Reid, saluant "un grand pas dans la bonne direction", même si certains élus auraient souhaité un retrait encore plus rapide. Mais le sénateur républicain John McCain a mis en garde contre le "risque superflu" que ce retrait fait peser sur "les progrès durement gagnés" sur le terrain.

La France et la Grande Bretagne suivent ce calendrier


Le Premier ministre britannique, David Cameron, s'est déclaré "entièrement d'accord" avec le président américain Barack Obama, notamment pour maintenir une "pression continue" sur les insurgés afghans pendant la réduction des troupes, a annoncé ce jeudi Downing Street.

La présidence française a annoncé que "la France partage l'analyse et les objectifs américains" et "se félicite de la décision du président Obama". La France engagera "un retrait progressif" de ses forces en Afghanistan, "de manière proportionnelle" et "dans un calendrier comparable au retrait des renforts américains", a annoncé ce jeudi matin l'Elysée dans un communiqué.
La France compte environ 4.000 soldats en Afghanistan où elle opère depuis 2001. Plus de 60 soldats français y ont été tués depuis 2001.

La présence belge dans sa configuration actuelle jusque fin 2011

L'annonce du retrait de 33.000 soldats américains d'Afghanistan ne doit pas être interprétée comme la fin de l'opération dans ce pays, a commenté le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V).

Jusqu'à la fin de cette année, la présence militaire belge en Afghanistan reste dans sa configuration actuelle, à savoir un maximum de 626 militaires belges. Une éventuelle modification serait du ressort du prochain gouvernement, a indiqué M. De Crem.

En annonçant le retrait de 33.000 hommes, le président américain Barack Obama ne fait que respecter son engagement pris il y a deux ans, fait remarquer le ministre belge. La présence américaine s'élevait alors à plus de 100.000 hommes, pour un contingent de base de 70.000 hommes, rappelle Pieter De Crem.

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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