Les Equato-Guinéens ont voté en bon ordre pour réélire le président Obiang Nguema

24/04/16 à 21:42 - Mise à jour à 21:42

Source: Belga

Les Equato-Guinéens ont voté dimanche en bon ordre et dans la discipline pour une présidentielle qui devrait voir la réélection sans coup férir du chef de l'Etat Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979, face à six candidats se réclamant d'une opposition muselée par le régime.

Les Equato-Guinéens ont voté en bon ordre pour réélire le président Obiang Nguema

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo © REUTERS

Aucun incident ni débordement n'a été signalé pendant la journée, avec un scrutin encadré de près par les forces de sécurité, jusqu'à la fermeture des bureaux de vote, à 18H00 (17H00 GMT), ont constaté des correspondants de l'AFP.

Le secrétaire-général du Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE, au pouvoir), Jeronimo Osa Osa Ecoro, a pronostiqué devant la presse, une victoire à "plus de 90%" pour le chef de l'Etat. "C'est un travail qui a déjà été fait", a-t-il souligné.

Le président s'est voulu plus réservé sur le pourcentage après avoir voté. "Je ne peux pas dire le pourcentage, mais on va gagner", a-t-il déclaré aux journalistes. "C'est la continuité de ce qu'est aujourd'hui la Guinée équatoriale. C'est-à-dire, aujourd'hui notre pays est une référence au niveau démocratique (...), c'est un exemple", a-t-il ajouté.

Selon la procédure équato-guinéenne, les électeurs n'ont pas déposé pas eux-mêmes leur bulletin dans l'urne mais l'ont confié au président du bureau qui se chargeait de le glisser dans l'urne.

Les résultats sont attendus jeudi. A la dernière présidentielle, en 2009, M. Obiang Nguema, doyen des chefs d'Etat africains par la longévité au pouvoir, avait obtenu 95,37% des suffrages.

Initialement prévu en novembre, le scrutin a été avancé au 24 avril par décret présidentiel, sans explication officielle.

-Pas de vote pour 'le désordre'-

M. Obiang Nguema, 73 ans, est arrivé au pouvoir en 1979 par un coup d'Etat, en renversant Francisco Macias Nguema à la tête du pays depuis l'indépendance de l'Espagne en 1968. Ce dernier avait précipité la Guinée dans la terreur, multipliant meurtres et exactions contre la population.

Depuis, le régime actuel est régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits de l'Homme pour sa répression des opposants, des organisations indépendantes de la société civile et des médias, ainsi que pour l'ampleur de la corruption.

Pour ce scrutin, M. Obiang Nguema est à la tête d'une coalition de dix partis dont le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE) au pouvoir.

Ses adversaires sont pour certains de nouveaux venus en politique, les autres n'ayant que très peu de poids sur l'échiquier national.

Ce sont Bonaventura Monsuy Asumu du Parti de la coalition sociale démocrate (PCSD), Carmelo Mba Bakale de l'Action populaire de Guinée équatoriale (APGE), Avelino Mocache Mehenga de l'Union du Centre Droit (UCD), ainsi que trois candidats indépendants, leurs partis n'ayant pas été légalisés: Agustin Masoko Abegue, Benedicto Obiang Mangue et Tomas Mba Monabang.

Le Front de l'opposition démocratique (FOD), coalition des principaux partis d'opposition, a appelé le 23 mars à boycotter l'élection, en estimant que toutes les conditions étaient réunies pour des "fraudes".

Le FOD regroupe le principal parti d'opposition, Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), ainsi que l'Union populaire (UP), la Force démocratique républicaine (FDR) et le Mouvement pour l'autodétermination de l'île de Bioko.

"Le résultat est connu d'avance grâce aux multiples irrégularités et fraudes déjà préparées", avait affirmé à l'AFP avant le début de la campagne officielle Andres Esono, secrétaire général de la CPDS, seul parti d'opposition à disposer d'une représentation au Parlement avec un député et un sénateur. Il a déjà prévenu qu'il ne reconnaîtrait pas "le président issu de l'élection".

Une autre figure de l'opposition, Gabriel Nse Obiang Obono, du parti Ciudadanos por la inovacion (CI), a lui vu sa candidature invalidée, notamment parce qu'il n'a pas vécu cinq années consécutives dans le pays comme le stipule la Constitution, selon la Commission électorale.

En débutant la campagne de sa réélection, le chef de l'Etat avait prévenu les Equato-Guinéens que ceux qui ne voteraient pas pour lui opteraient pour "le désordre".

AFP

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