Les dépenses de François Fillon, ancien premier ministre français, au coeur d'une enquête

03/09/14 à 19:04 - Mise à jour à 19:04

Le gouvernement de l'ancien Premier ministre français François Fillon (UMP, opposition de droite), candidat à la présidentielle de 2017, fait l'objet d'une enquête sur ses dépenses de sondages, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Les dépenses de François Fillon, ancien premier ministre français, au coeur d'une enquête

© Reuters

Cette nouvelle affaire vient s'ajouter à l'enquête en cours sur la régularité de contrats conclus, sans appel d'offres, entre l'Élysée et neuf instituts de sondage sous le quinquennat Sarkozy (2007-2012), notamment avec la société Publifact d'un proche conseiller du président, Patrick Buisson.

Nicolas Sarkozy doit lui-même annoncer "dans les prochains jours" sa décision de briguer ou non la présidence de l'UMP, a indiqué mercredi l'un de ses proches, Brice Hortefeux.

L'enquête sur le gouvernement Fillon a été ouverte fin juillet, certaines de ses dépenses, épinglées par la Cour des comptes, faisant l'objet d'une plainte d'Anticor, une association de lutte contre la corruption, selon la même source. Confiée à des juges d'instruction, elle est ouverte contre X pour favoritisme et détournement de fonds publics, les délits visés dans sa plainte par l'association de lutte contre la corruption, a précisé cette source à l'AFP.

L'association se fonde sur un rapport de la Cour des comptes d'octobre 2011 qui épinglait des dysfonctionnements dans les dépenses de communication de plusieurs ministères et de Matignon. Elle pointe des sondages, campagnes de communication, conseils stratégiques ou services de "media training" fournis à des ministères sans publicité ni mise en concurrence, d'où les soupçons de favoritisme.

Dans plusieurs cas, la Cour des comptes jugeait ces contrats non conformes au code des marchés publics, en dépit des arguments invoqués par les ministères. Parmi les contrats visés, dont l'un initié pour le compte du Premier ministre François Fillon, certains étaient passés avec la société Giacometti-Péron et ont donné lieu à des paiements de plusieurs centaines de milliers d'euros. L'un des dirigeants de ce cabinet, Pierre Giacometti, était conseiller de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était à l'Élysée.

La Cour soulevait aussi la question du "financement, sur deniers publics, de sondages relatifs à l'image personnelle des ministres ou à des sujets éloignés de l'action du gouvernement", ce qui peut constituer aux yeux d'Anticor des détournements de fonds publics.

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