Les démocrates revigorés au 1er anniversaire de l'élection de Trump

08/11/17 à 19:31 - Mise à jour à 19:34

Source: Afp

Le président américain Donald Trump célèbre mercredi le premier anniversaire de son élection, mais la fête est gâchée par un carton plein démocrate lors d'élections locales à travers les Etats-Unis.

Les démocrates revigorés au 1er anniversaire de l'élection de Trump

© REUTERS

Les démocrates, relégués dans l'opposition depuis la défaite d'Hillary Clinton le 8 novembre 2016, ont remporté les sièges de gouverneurs de Virginie et du New Jersey, ainsi que plusieurs élections locales en Caroline du Nord, dans le New Hampshire, dans l'Etat de Washington ou encore à Boston et New York, où les maires démocrates ont été réélus. Certaines de ces victoires étaient certes attendues, comme en Virginie, où Hillary Clinton avait gagné. Mais le score du démocrate Ralph Northam (53,7% contre 45,1% pour Ed Gillespie) a stupéfait la classe politique, qui ne s'attendait pas à un rejet aussi net du parti de Donald Trump.

"Nous reprenons le pays à Donald Trump, une élection à la fois", a affirmé le nouveau président du parti démocrate, Tom Perez, mercredi à la presse. "Les électeurs ont récompensé les démocrates pour leur compassion, et sanctionné les républicains pour avoir divisé le pays". "Voilà ce qui se passe quand les gens vont voter", a tweeté Barack Obama, qui était brièvement sorti de sa retraite politique pour soutenir des candidats en campagne.

C'est le déclic que les démocrates attendaient depuis un an. Ils avaient échoué à conquérir des sièges lors des cinq élections partielles au Congrès qui ont eu lieu depuis janvier. Ils avaient cherché à mobiliser leurs troupes pour un vote sanction contre le locataire de la Maison Blanche, et les chiffres en hausse de la participation dans les régions traditionnellement démocrates indiquent qu'ils y sont parvenus. Dans le nord de la Virginie, bastion progressiste en banlieue de Washington, le démocrate a obtenu 80% des voix. "C'est un retour de bâton contre Trump et le trumpisme", dit le politologue Larry Sabato, de l'université de Virginie.

Hillary Clinton, sur Twitter, a mis en valeur les nouveaux groupes progressistes montés depuis un an dans le but de regagner les élections, et la réussite de candidats novices, notamment issus des minorités.

"Porte ouverte" en 2018

Pendant que les Américains votaient, le président se trouvait en Corée du Sud au milieu d'une longue tournée asiatique. "Les Etats-Unis traversent une sorte de miracle", a-t-il déclaré lors d'un discours devant l'Assemblée nationale sud-coréenne, citant le niveau record de la Bourse, la baisse du chômage et la lutte contre l'organisation Etat islamique.

Ses supporteurs mettent la défaite emblématique de Virginie sur le compte du candidat, Ed Gillespie, un ancien cacique du parti républicain qui s'est reconverti en héraut des thèmes trumpistes tout en refusant de s'afficher avec le dirigeant. C'est la ligne de défense que martèleront les partisans de Donald Trump comme Stephen Bannon, ex-conseiller présidentiel devenu gardien de la pureté de la révolution trumpiste. M. Bannon, qui contrôle le site Breitbart.com, est en guerre ouverte avec l'establishment du parti républicain. Il veut financer des candidats trumpistes aux primaires de 2018, pour sortir les sénateurs républicains sortants, qui selon lui mettent des bâtons dans les roues au chef de l'exécutif.

Au sein du parti républicain, certains voient au contraire les résultats de mardi comme un avertissement. "C'était un référendum" sur Donald Trump, a dit l'élu républicain de la Chambre des représentants Scott Taylor sur CNN. "Je ne vois pas comment on pourrait dire l'inverse, pour être honnête".

Au parti démocrate, on sait que la prochaine échéance, une sénatoriale dans l'Etat conservateur de l'Alabama le 12 décembre, est une mission quasi-impossible. Mais l'essentiel pour le parti d'opposition est de poursuivre la reconstruction, dans le but de reconquérir la chambre basse du Congrès aux élections législatives de novembre 2018, le Sénat étant jugé encore hors de portée. "La porte est certainement ouverte pour nous", a dit mercredi Nancy Pelosi, la chef des démocrates de la Chambre.

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