Les "confidences" polémiques de Hollande à six mois de la présidentielle

12/10/16 à 20:29 - Mise à jour à 20:31

Source: Belga

Déclarations sur "un problème" avec l'islam, regrets sur la déchéance de nationalité ou commentaires sur la "grossièreté" de Nicolas Sarkozy: à six mois de la présidentielle en France, le président François Hollande multiplie les "confidences" aux journalistes sans être officiellement candidat.

Les "confidences" polémiques de Hollande à six mois de la présidentielle

© Reuters

Ses différents propos, qui ont suscité mercredi une pluie de commentaires et de critiques sont extraits d'un livre "Un président ne devrait pas dire ça", écrit par deux journalistes du quotidien Le Monde après des heures de tête à tête sur plusieurs années. Ils proviennent également d'un entretien à paraître jeudi dans l'hebdomadaire l'Obs sous le titre "Je suis prêt".

"Le 23 juillet 2014, nous avons posé au chef de l'Etat la question suivante, de manière volontairement provocatrice: "Est-ce que c'est tabou aujourd'hui, en étant de gauche, de dire qu'il y a trop d'immigration? " Nous ne nous attendions pas à cette réponse: +Je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration qui ne devrait pas être là+, lâche-t-il", écrivent les deux journalistes. "Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute", dit François Hollande. "Ce n'est pas l'islam qui pose un problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dangereuse en elle-même (...) ce qui peut poser un problème, c'est si les musulmans ne dénoncent pas les actes de radicalisation, si les imams se comportent de manière antirépublicaine...", ajoute-t-il.

Dans un autre extrait, le chef de l'Etat ose une "formule choc", écrivent les journalistes. "La femme voilée d'aujourd'hui sera la Marianne de demain. Parce que, d'une certaine façon, si on arrive à lui offrir les conditions pour son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l'être, capable de porter un idéal".

"Formule choc"

Ces propos ont fait bondir Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains (droite), qui l'a accusé de vouloir "troquer" les "symboles les plus forts de la République" contre "l'islam politique". François Hollande critique par ailleurs vertement son prédécesseur de droite Nicolas Sarkozy, "sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme", "sa fascination pour l'argent".

Dans l'entretien accordé à l'Obs, François Hollande regrette d'avoir proposé d'inscrire dans la constitution la déchéance de nationalité pour les auteurs "d'actes de terrorisme". Cette proposition a heurté l'électorat de gauche et divisé la société française pendant plusieurs mois avant d'être abandonnée en mars. "Je mesure le trouble que cette initiative a pu créer" et "non", ce n'était pas une bonne méthode "puisque les terroristes veulent mourir" et que "la déchéance de nationalité n'a donc aucune valeur dissuasive", concède-t-il.

D'autres critiques sont venues du syndicat des footballeurs pros qui n'a pas apprécié les déclarations sur les joueurs à qui le président Hollande conseille une "musculation du cerveau". Et deux syndicats de juges se sont dits "consternés" par les parties concernant la magistrature "institution de lâcheté". Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a lui défendu point par point l'"exercice de transparence" du président, le Premier secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis affirmant que ces confidences permettaient de "se débarrasser de la phase du bilan".

Sur le plan personnel, l'ex-compagne du président Valérie Treiweiler, a publié mercredi un nouveau SMS datant de 2005 et attribué à Hollande sur les "sans-dents" (les pauvres). Dans les extraits du livre des journalistes du Monde, le chef de l'Etat qualifie de "trahison" la publication par Treiweiler en 2014 d'un premier SMS sur ce thème et qui avait fait scandale.

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