Les capacités de production de pétrole de l'EI considérablement réduites

06/04/16 à 15:12 - Mise à jour à 15:08

Source: Afp

La campagne de bombardements, essentiellement américains, visant les ressources pétrolières du groupe État islamique (EI) en Syrie et en Irak a considérablement réduit ses capacités de production et quasiment annulé ses possibilités d'exporter du pétrole, estiment des experts français.

Les capacités de production de pétrole de l'EI considérablement réduites

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Comparaissant devant une mission d'information de l'Assemblée nationale française, Francis Perrin, président de la société Stratégies et politiques énergétiques et Francis Duseux, président de l'Union française des industries pétrolières, ont estimé mardi que la capacité de production de l'EI n'était plus que de 10.000 à 30.000 barils par jour, contre près du double à l'été 2014.

"Les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont des effets importants, notamment depuis le lancement à l'automne 2015 de l'opération Tidal Wave II", a estimé Francis Perrin. "Elle vise spécifiquement les actifs pétroliers, les forages, les pompes, dans certains cas des puits, des raffineries et des mini-raffineries, les oléoducs et camions citernes, les stockages et points de collecte. L'ensemble de la chaîne de valeur de pétrole de Daech (acronyme arabe de l'EI, ndlr) est visé".

"Ses revenus pétroliers sont donc en forte baisse depuis l'été 2014", a-t-il estimé, "à cause de la chute des prix mondiaux, de l'efficacité des frappes occidentales et de la dégradation des conditions d'exploitation. Les travaux de maintenance et d'entretien sont très difficiles, il doivent faire avec les moyens du bord. Ces revenus sont vraisemblablement aujourd'hui nettement inférieurs à ce qu'on évoque souvent, pas plus de 400 millions de dollars par an, et probablement moins... voire nettement moins".

"Les informations locales que nous avons sont que la production de Daech a été réduite de façon considérable. Notre estimation est qu'elle tourne autour de 10.000 barils par jour", a pour sa part assuré Francis Duseux.

"Nous sommes persuadés que depuis la Syrie, Daech ne peut plus rien exporter", a-t-il poursuivi. "On a l'impression qu'ils ont même des difficultés pour leurs besoins de guerre et pour satisfaire les besoins de la population qu'ils contrôlent. Leur situation est donc une situation critique".

Au début de l'année, un porte-parole du Pentagone avait estimé que la campagne aérienne menée contre les installations pétrolières de l'EI était parvenue à réduire d'au moins 30% les revenus que le groupe tirait du pétrole par rapport au mois d'octobre.

"La dernière estimation dont nous disposons de la part de l'armée américaine était de 30.000 barils par jour, pour Daech en Syrie et en Irak" a ajouté M. Perrin. "En sachant que depuis, la poursuite de l'opération Tidal Wave II a continué à dégrader cette capacité. (...). Cela met le modèle économique de Daech à rude épreuve, même s'il est diversifié et ne repose pas uniquement sur le pétrole. Je pense que la fin de Daech en tant qu'entité politico-militaire contrôlant de façon durable des territoires et des populations en Syrie et en Irak est à notre portée."

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